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Le Sénégal accuse un retard préoccupant dans plusieurs indicateurs clés de la santé

actu_express 04 Mar 2026

Le Sénégal accuse un retard préoccupant dans plusieurs indicateurs clés de la santé selon le rapport de l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) publié en janvier 2026. Entre un déficit criant de sages‐femmes et d’infirmiers, une répartition inégale des médecins sur le territoire et une couverture insuffisante des infrastructures publiques, le pays peine à se conformer aux standards préconisés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), rapporte seneplus .

Dans son dernier rapport publié en janvier 2026, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) dresse un état des lieux contrasté du système de santé sénégalais. Si une dynamique positive est observée concernant les effectifs des médecins et certaines infrastructures, le pays reste globalement en deçà des normes préconisées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), notamment en matière de personnel paramédical et de couverture territoriale

C’est le constat dressé par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) dans son rapport publié en janvier 2026. Le document passe au crible les ressources humaines, les infrastructures et le financement du secteur, révélant des avancées notables mais aussi des déséquilibres profonds, particulièrement marqués entre la capitale et les régions du sud.

Densité médicale : une hausse encourageante mais des disparités régionales criantes

La catégorie médecins regroupe les sous‐spécialités que sont les soins médicaux généraux et les soins médicaux spécialisés. Sur ce point, les chiffres de l’ANSD sont encourageants. Entre 2021 et 2022, le nombre de médecins au Séné‐ gal est passé de « 1 707 en 2021 à 2 057 en 2022 », soit une hausse relative de 20,5%. Cette progression significative témoigne des efforts de formation et de recrutement entrepris ces dernières années. 

Cependant, cette amélioration nationale masque une réalité territoriale à deux vitesses. L’analyse régionale révèle une concentration extrême des compétences. 

Sans surprise, la capitale Dakar, regroupe à elle seule le plus grand nombre de médecins du pays, avec «42,4% des ressources humaines en 2022». La région de Thiès, deuxième pôle économique du pays occupe la seconde place et concentre «10,0%» des effectifs. 

À l’opposé, le sud du pays apparaît largement délaissé. Les régions de Sédhiou et Kédougou se placent en dernière position, avec seulement «2,5% chacune en 2022». Cette ré‐ partition inégale compromet l’accès aux soins pour les populations les plus éloignées des centres urbains.

Sages‐femmes et infirmiers : le gap persistant avec les recommandations de l’OMS

Si la tendance est positive pour les médecins, le Sénégal est en revanche loin d’atteindre les taux de couverture convenables pour les inter‐ ventions essentielles en matière de soins de santé primaires. 

L’ANSD a confronté les données nationales aux normes préconisées par l’OMS. L’organisation onusienne exige pour garantir un accès minimum aux soins, il faut qu’il y ait dans chaque localité «10 000 habitants, une sage-­femme d’État pour 300 femmes en âge de procréer et un infirmier pour 5 000 habitants», rapporte le document. 

Concernant les sages‐femmes, le Sénégal est encore loin du compte, bien qu’une progression soit à noter. Le ratio s’est nettement amélioré «en 2022 avec une sage­-femme d’État pour 1 197 femmes en âge de reproduction (FAR)». Si ce chiffre marque un progrès indéniable, il reste très éloigné de l’objectif d’une sage‐femme pour 300 FAR. La situation est meilleure pour les infirmiers, où une avancée considérable a égale‐ ment été constatée cette même année avec une couverture d›«un infirmier pour 2 937 habitants». La meilleure performance en matière de respect des normes a été remarquée chez les médecins, où le ratio national atteint désormais «un médecin pour 6 820 habitants en 2022», se rapprochant ainsi des standards internationaux.

Infrastructures : une pyramide sanitaire à trois niveaux encore fragiles

Le rapport de l’ANSD souligne également une amélioration des infrastructures publiques en 2022 par rapport à 2021. Le système de santé du Sénégal s’organise en une pyramide à trois niveaux : le niveau périphérique (correspondant au district), le niveau régional (correspondant à la région médicale) et le niveau stratégique ou central. Les Établissements Publics de Santé (EPS) de niveau 3 se situent au sommet de cette pyramide, aux côtés des structures administratives centrales. 

Le recensement de 2022 fait état d’un maillage territorial composé de structures de proximité. Ainsi, «en 2022, le Sénégal comptait 2 197 cases de santé, 1 584 postes de santé et 114 centres de santé dont 74 centres de santé de type 1 et 40 centres de santé de type 2». De plus, ajoute le document, les Établissements Publics de Santé ayant un statut d’hôpital (EPS1, EPS2 et EPS3) étaient au nombre de «41 en 2022». 

Là encore, le constat de la concentration dakaroise se répète. La région de Dakar conserve la grande majorité des structures de santé les plus spécialisées. En effet, « en 2022, Dakar concentre 84,4% des structures de type EPS3, 33,3% des structures de types EPS1 et 35% des centres de santé de type 2. » Ce déséquilibre dans la répartition de l’offre de soins de haut niveau pénalise l’ensemble du territoire.

Couverture sanitaire : les indicateurs d’accès aux soins toujours dans le rouge

Malgré l’existence de ces infrastructures, leur répartition par rapport à la population ne respecte pas les normes établies. L’ANSD rappelle que les standards préconisent «un poste de santé pour 10 000 habitants, un centre de santé pour 50 000 habitants et un EPS pour 150 000 habitants». Or, les chiffres de 2022 sont très éloignés de ces objectifs. On dénombre ainsi «un poste de santé pour 11 199 habitants, un centre de santé pour 155 603 habitants et un hôpital (EPS) pour 443 469 habitants». 

Ces chiffres mettent en lumière l’immensité des besoins. Ils soulignent l’urgence d’un renforcement du personnel médical et d’une refonte de la carte sanitaire au Sénégal. Le secteur de la santé est un domaine clé pour chaque pays et il est surtout indispensable pour assurer son développement, dans un pays où la population ne cesse de croître. 

Le gouvernement du Sénégal se doit de redoubler d’efforts dans ce secteur, d’autant qu’il existe encore des villages dépourvus de la moindre infrastructure sanitaire, et où la question du personnel est tout simplement inenvisageable. À ces défis structurels s’ajoutent des tensions sociales récurrentes, avec des grèves signalées par les personnels de santé, des revendications souvent insatisfaites, et même des hôpitaux inaugurés sans que le personnel nécessaire n’ait été recruté.

Le financement de la santé : une part du gâteau national en hausse, mais un budget en baisse

L’analyse économique du secteur, détaillée par l’ANSD, révèle des signaux paradoxaux. Le budget du Ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) a connu «une baisse de 3,1% entre 2023 et 2024, passant respectivement de 271,6 à 263,5 milliards de francs CFA». Pourtant, sa part par rapport au budget total de l’État a paradoxalement connu «un accroissement de 0,4% au cours de cette même période (4,6% en 2024 contre 4,2% en 2023)», ce qui suggère une contraction générale du budget de l’État. 

Dans le détail, entre 2023 et 2024, souligne le rapport de l’ANSD, les dépenses de fonctionne‐ ment du Ministère de la Santé et de l’Action sociale ont «augmenté en valeur absolue de 3,01 milliards de FCFA, correspondant à une hausse relative de 16,2%». Ainsi, la part des dépenses de fonctionnement allouée à la santé s’est renforcée, passant «de 5,2% en 2024 contre 4,3% en 2023». 

Enfin, si «la contribution à la création de richesse du secteur dans l’économie (PIB) demeure faible (1,5%) en 2024», sa valeur ajoutée affiche une tendance à la hausse. «Sa valeur ajoutée affiche une hausse relative de 2,6%, passant de 288,8 milliards de FCFA en 2023 à 296,2 milliards de FCFA en 2024», conclut l’agence. 

Ces chiffres montrent que malgré les contraintes budgétaires, le secteur de la santé reste un contributeur modeste mais dynamique à l’économie nationale, même si les besoins de financement pour rattraper le retard en matière de couverture sanitaire restent colossaux. 

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