Assez d’improvisation : des démissions s’imposent !
contribution 23 Feb 2026

Exigence de responsabilité politique
Le débat ne peut plus se limiter à de simples ajustements techniques. Car lorsque les signaux d’alerte deviennent structurels, la responsabilité politique cesse d’être théorique : elle devient impérative.
Depuis l’installation de Ousmane Sonko à la tête de l’Exécutif, les contre-performances sectorielles ne sont plus isolées, elles s’additionnent, se cumulent et finissent par dessiner une tendance lourde : tensions budgétaires persistantes, climat social fragilisé, pressions accrues sur le pouvoir d’achat, incertitudes sur la trajectoire économique.
Or, dans toute démocratie mature, un principe prévaut : la responsabilité ministérielle n’est pas symbolique, elle est concrète, mesurable et sanctionnable.
Gouverner, ce n’est pas commenter les crises. C’est les prévenir. Et lorsqu’on ne les prévient pas, on en répond.
Ministères économiques : l’obligation de résultats
D’abord, la dégradation de la notation souveraine par Standard & Poor’s ne saurait être relativisée. Ce n’est ni un détail technique ni une lecture partisane. C’est un signal international.
Et lorsqu’un signal international clignote au rouge, un gouvernement responsable s’interroge.
Si la stratégie d’endettement suscite des inquiétudes quant à son rendement et sa soutenabilité, alors les ministres en charge des Finances et de l’Economie doivent rendre des comptes. Sans résultats tangibles, la conséquence logique n’est pas la justification : c’est le départ. On ne pilote pas une économie sous perfusion de communication.
Enseignement supérieur : la stabilité académique n’est pas négociable
Ensuite, les tensions liées aux retards de bourses et aux déséquilibres universitaires ne relèvent pas d’incidents administratifs mineurs. Elles traduisent un dysfonctionnement de gouvernance.
Un ministre incapable d’assurer la continuité financière des étudiants compromet directement l’avenir national. On ne construit pas une Nation forte avec une jeunesse fragilisée.
Là encore, la responsabilité ne peut être diluée. Elle doit être assumée.
Agriculture et pouvoir d’achat : la réalité tranche le discours
Par ailleurs, les difficultés persistantes de commercialisation agricole et la pression sociale liée à la cherté de la vie interrogent sérieusement la capacité d’anticipation des ministères sectoriels.
Les marchés ruraux parlent, les ménages urbains parlent, le panier de la ménagère parle.
Et lorsque le terrain contredit le discours, c’est le discours qui doit s’incliner.
Un gouvernement ne peut durablement ignorer ces signaux sans perdre sa légitimité d’efficacité.
Lorsque les mécanismes correctifs tardent, le changement d’équipe cesse d’être une option : il devient une nécessité.
L’ultimatum politique
Qu’on ne s’y trompe pas : ceci n’est ni une attaque personnelle ni une posture politicienne. C’est une exigence républicaine.
Dans toute architecture institutionnelle sérieuse, l’échec appelle l’évaluation, l’évaluation appelle la décision, et la décision appelle parfois la démission. Maintenir des ministres stratégiques en situation de contre-performance prolongée envoie un message inquiétant, celui d’un pouvoir qui privilégie la solidarité politique à l’efficacité nationale et à la performance.
Or, le Sénégal ne peut se permettre ce luxe.
Gouverner, c’est prévoir ; gouverner, c’est protéger ; gouverner, c’est répondre aux aspirations profondes du Peuple sénégalais.
Un remaniement cosmétique ne suffira pas, et un simple réaménagement technique serait perçu comme un écran de fumée.
Il faut un signal fort :
Des départs clairs, des responsabilités assumées, des profils crédibles capables de restaurer la confiance nationale et internationale.
La responsabilité politique n’est pas une humiliation, elle est la condition de la crédibilité.
Le Sénégal mérite un Exécutif performant, pas un Exécutif protégé.
Moussa NIANG
Délégué national à la vie politique de Gueum Sa Bopp
