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Frappes contre l’Iran : défendons les règles plutôt que la logique de la force par Zhang Shanhui

contribution 03 Mar 2026

Face aux frappes militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la Chine a exprimé sa vive préoccupation. La Chine appelle que la souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées. Elle appelle à l’arrêt immédiat des opérations militaires, à éviter toute nouvelle escalade, à rétablir le dialogue et les négociations, et à préserver la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Au-delà de la formule diplomatique, à mes yeux, cette position révèle une lecture plus large de la crise.

Défendre le principe d’un ordre international

En rappelant la centralité de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la Chine cherche à ramener la crise dans un « cadre normatif ». La question n’est pas uniquement celle de l’Iran, mais celle de la légitimitédurecours unilatéral à la force. Lorsque l’usage militaire devient un instrument privilégié de gestion des différends, l’architecture juridique internationale s’en trouve fragilisée.

La Chine entend ainsi défendre les règles elles-mêmes — car leur affaiblissement créerait un précédent aux conséquences bien au-delà du Moyen-Orient.

La crédibilité du mécanisme diplomatique en jeu

Les frappes militaires sont intervenues alors que des négociations diplomatiques entre Washington et Téhéran n’étaient pas officiellement closes. Lorsque des opérations armées surviennent alors que les pourparlers sont encore en cours, la question dépasse le conflit immédiat : elle touche à la crédibilité du mécanisme diplomatique.

Si la négociation peut être interrompue par la force avant même son épuisement, quel signal est envoyé aux autres crises internationales ? La diplomatie devient-elle un simple prélude tactique à l’action militaire ?

Dans ce contexte, rétablir le dialogue ne constitue pas seulement un impératif moral ; c’est une nécessité stratégique pour préserver la fonction même de la négociation internationale.

La protection des civils : un enjeu central

Une école de filles située dans la province de Hormozgan, au sud de l’Iran, a été frappée par un missile israélien le 28 février, causant la mort d’au moins 100 personnes. Ces pertes civiles suscitent une profonde consternation. Lorsque des infrastructures civiles deviennent des cibles, ou subissent de manière répétée des dommages collatéraux, la guerre franchit un seuil qui modifie profondément la perception internationale du conflit. Ces événements risquent d’avoir des effets politiques durables : radicalisation des opinions publiques, affaiblissement des modérés et réduction de l’espace diplomatique.

Trois risques majeurs à l’échelle internationale

Cette situation pourrait entraîner au moins trois conséquences structurantes : Premièrement, le risque d’extension du conflit, avec l’implication potentielle d’autres États de la région, voire de puissances extérieures. Deuxièmement, la menace pesant sur le détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part significative des flux énergétiques mondiaux, et dont toute perturbation pourrait provoquer de fortes turbulences sur les marchés. Troisièmement, une déstabilisation de l’ordre régional, susceptible d’entraîner des effets en chaîne sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et sur l’économie internationale.

Le Moyen-Orient demeure un nœud énergétique et logistique central : toute escalade prolongée aurait donc un impact systémique. Dans ce contexte, l’appel à l’arrêt immédiat des opérations militaires et à la reprise des négociations ne relève pas d’une posture abstraite. Il correspond à une lecture stratégique : sans retour à la diplomatie, la crise risque de s’inscrire dans une dynamique cumulative difficilement maîtrisable.

Plus largement, la question posée par cette séquence dépasse le cas iranien. Elle touche à l’équilibre entre la règle et la force dans la gouvernance mondiale contemporaine. Si le cadre normatif s’efface, la stabilité internationale deviendra de plus en plus précaire.

 Zhang Shanhui, Chroniqueuse, journaliste CGTN

 Groupe DMedia, Cité Mourtalla, VDN, Dakar-Senegal

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