Keur Massar : des responsables d’un établissement privé poursuivis pour maltraitance sur des enfants américains
featured 23 Jan 2026

Quatre responsables de l’American Dara Academy, un établissement privé situé entre Keur Massar et Toubab Dialao, ont été arrêtés par la Brigade de recherches de Keur Massar et déférés, mardi 21 janvier, devant le parquet de Pikine-Guédiawaye. Ils sont poursuivis pour fonctionnement illégal, coups et blessures volontaires sur mineurs et mise en danger de la vie d’autrui.
Selon L’Observateur, l’affaire a éclaté le 12 janvier à la suite d’une plainte déposée par Patrick Grey, directeur de la sécurité de l’ambassade des États-Unis à Dakar. Cette démarche faisait suite à la fugue d’une pensionnaire qui dénonçait des violences graves et des traitements dégradants au sein de l’établissement. L’ambassade américaine a par la suite identifié plus de 100 mineurs américains parmi les quelque 300 élèves inscrits dans cette structure, dont le chiffre d’affaires mensuel est estimé à près de 300 millions de francs CFA.
Les investigations ont mis en lumière l’existence de pratiques disciplinaires abusives. Une pièce surnommée la « Magic Room » servait de lieu d’isolement pour les élèves jugés indisciplinés. Des superviseurs étaient chargés d’appliquer ces sanctions. Lors des perquisitions, la majorité des enfants, très éprouvés, sont restés silencieux. Quatre adolescents, âgés de 13 à 16 ans, ont toutefois témoigné des sévices subis, selon le journal.
L’Observateur révèle également l’existence d’une annexe ouverte à Toubab Dialao pour faire face à l’augmentation des effectifs. Si le site principal de Keur Massar disposait d’une apparence de légalité, cette annexe fonctionnait sans autorisation du ministère de l’Éducation. Plus de 50 enfants y vivaient dans des conditions jugées précaires. Le véritable promoteur de l’école, M. S. Diallo, binational américano-guinéen, aurait dissimulé son identité en utilisant un prête-nom.
Face aux enquêteurs, les mis en cause ont tenté de minimiser les faits, évoquant de simples mesures éducatives. Toutefois, le rapport de l’Action éducative en milieu ouvert (Aemo) fait état d’une « violence institutionnelle manifeste » et souligne « l’absence totale de dispositifs de protection des enfants ».
L’enquête se poursuit afin d’évaluer l’ampleur des préjudices subis par les élèves et d’établir toutes les responsabilités, conclut L’Observateur.
