Comme de vulgaires membres d’une maison de presse sous l’ère Sonko-Diomaye, les membres du Cnsa, une structure directement rattachée à la Primature, courent après leurs salaires depuis le mois de janvier 2025. Leur tutelle fait la sourde oreille, et leur coupe tous les moyens de fonctionnement, les privant même de bureaux, rapporte le quotidien .
Ils sont chargés d’aider les pouvoirs publics à évaluer la situation de la sécurité alimentaire dans le pays. C’est à eux qu’il revient d’alerter les autorités quant au risque de crises alimentaires qui peuvent se manifester sur le territoire national, quel qu’en puisse être la cause. Il est donc ironique aujourd’hui, de voir ces agents du Secrétariat technique du Conseil national de sécurité alimentaire (St-Cnsa) venir pleurer famine. Hier, ces agents ont écrit à leur responsable de tutelle, le Premier ministre Ousmane Sonko, pour lui réclamer leurs salaires.
Ils y indiquent que «le personnel du Secrétariat technique du Conseil national de sécurité alimentaire (St-Cnsa) fait face, depuis quatre mois, à une situation particulièrement préoccupante, caractérisée par l’absence de paiement des salaires. C’est l’omerta totale. Aucune information sur les difficultés actuelles que traverse la boîte malgré la nomination le 4 septembre 2025 d’un nouveau Secrétaire technique». L’arrivée de ce nouveau Secrétaire technique, M. Boubacar Dramé, avait été l’occasion pour la Primature de débloquer trois mois de salaires pour permettre au personnel de souffler un moment. Mais depuis, plus rien.
Mieux, on a même demandé au personnel régional de libérer ses lieux de travail et de voir où se caser. Ce qui fait que dans beaucoup de régions, les gens sont obligés de travailler à domicile, comme au bon temps du Covid-19. La question qui se pose aujourd’hui pour les membres du personnel, concerne la viabilité de leur structure. Selon eux, «la persistance de ces dysfonctionnements soulève de sérieuses interrogations quant à la gestion administrative et financière de cette entité stratégique, pourtant essentielle à la coordination et au suivi des politiques de sécurité alimentaire».
Frappés au portefeuille, les membres du personnel implorent directement Ousmane Sonko en lui rappelant qu’il a lui-même été fonctionnaire. Par conséquent, «vous savez la sacralité du salaire. Les retards sont récurrents depuis octobre 2024. Nos prises en charge auprès de Transvie, dans les hôpitaux, cliniques et pharmacies, ont été arrêtées brusquement sans aucune explication au personnel, alors que les ponctions sont effectives dans les bulletins de salaires. Pourquoi le versement des salaires semble-t-il générer un malaise presque palpable ? Une méprise qui gangrène le lien employeur-employé !!!» La lettre ouverte explique leur attachement à leur salaire : «Un salaire ne représente pas seulement le prix d’une prestation. Il constitue un socle de stabilité sociale. Derrière chaque employé, il y a des obligations financières et des responsabilités familiales. Retarder un salaire, c’est mettre en péril des vies et des rêves. Svp Monsieur le Premier ministre, aidez-nous à percevoir nos salaires pour être disponibles à mener nos activités quotidiennes pour le suivi de l’insécurité alimentaire des populations».
Ce qui leur fait encore plus mal dans leur détresse, est que ni le pays ni le St-Cnsa ne connaissent «ni crise ni troubles». Par conséquent, «nous ne devons pas souffrir des procédures trop administratives de quelques agents de l’Etat pour nous plonger dans cette impasse». Et sans doute à bout d’arguments, ils en viennent à interpeller le chef du gouvernement comme ils le feraient pour un quelconque responsable administratif : «Très poliment et modestement, nous réclamons nos salaires et les moyens logistiques pour continuer le travail de terrain.» Car, cette situation fait que les chiffres du Sénégal les plus fiables, dateraient aujourd’hui de décembre 2025, période où la structure avait encore les moyens de fonctionner. Dans ces conditions, on se demande, avec la situation actuelle de la campagne agricole, si les services de l’Etat pourraient anticiper une quelconque situation de crise alimentaire.




