La mission du FMI conduite par l’économiste espagnole Mercedes Vera Martin a démarré à Dakar le 15 juin. Mais ne cherchez pas de négociations dans ses bagages. Jeune Afrique fait le point dans une analyse détaillée sur les blocages persistants entre Dakar et l’institution de Bretton Woods.
L’ambition de cette visite est explicitement limitée, selon Jeune Afrique : il s’agit d’une mission « purement technique », destinée à « écouter les autorités sénégalaises afin d’aligner les points de vue ». Aucune rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye n’est prévue. Les discussions entre Dakar et l’institution sont, toujours selon JA, « au point mort depuis le début de l’année » et les équipes du FMI ne disposent pas encore de tous les éléments nécessaires pour finaliser le misreporting — rapport de fausse déclaration qui constitue un préalable à toute négociation de programme précise seneplus.
Les documents réclamés depuis des mois n’arrivent qu’au compte-goutte, rapporte le magazine. Le FMI n’a toujours pas été notifié des détails des prêts d’environ 750 millions d’euros contractés en 2025 et garantis par des total return swaps des produits dérivés considérés comme risqués ni de leurs implications pour la soutenabilité de la dette.
Le nœud du problème : que veut dire « alternative » ?
Dakar refuse la restructuration et entend démontrer qu’une autre voie est possible, notamment par des remboursements anticipés d’eurobonds effectués début juin. Mais cette autre voie reste floue. « Ils parlent d’options alternatives mais ils n’ont toujours rien proposé, on ne sait pas ce qu’ils entendent par-là », déplore une source proche du FMI, citée par le magazine.
Le fossé est donc moins politique que conceptuel : le Sénégal affirme qu’il existe une solution sans restructuration, sans être en mesure de la décrire concrètement. Et le FMI attend précisément cette description pour reprendre des négociations sérieuses.
Une porte de sortie sémantique existe pourtant, note Jeune Afrique. Si la restructuration devenait un « rééchelonnement », un « reprofilage » ou un « réaménagement », personne ne perdrait la face. Le récent assouplissement du discours de Sonko — qui déclarait le 14 juin sur RFI et France 24 que « nous n’avons pas de positions rigides dans l’absolu » — suggère que ce chemin n’est plus totalement fermé.




