Le Sénégal a engagé un plan de traitement de sa dette publique, dont est exclue la dette libellée en monnaie locale. Cette démarche n’est pas sans conséquence sur l’évaluation du risque souverain du pays. L’agence de notation Moody’s vient ainsi d’abaisser une nouvelle fois la note du Sénégal, en raison des pertes qu’elle anticipe pour les créanciers privés étrangers.
Ce jeudi, l’agence a dégradé de Caa2 à Ca la note de la dette senior non garantie à long terme du Sénégal libellée en devises étrangères. En revanche, elle a maintenu la note à long terme de la dette en monnaie locale à Caa2, tout en confirmant les notes à court terme à « Not-Prime ». La perspective associée à la notation est, quant à elle, passée de négative à stable.
Pour justifier cette nouvelle dégradation, Moody’s évoque des pertes potentiellement plus importantes que prévu pour les créanciers privés étrangers dans le cadre du traitement de la dette publique sénégalaise. Selon les estimations de l’agence, ces pertes pourraient se situer entre 35 % et 65 %.
Le maintien de la note Caa2 pour la dette libellée en monnaie locale s’explique notamment par la possibilité que celle-ci soit exclue de l’opération de traitement de la dette. Moody’s souligne toutefois que cette catégorie de dette reste exposée à des risques de liquidité. De son côté, l’État du Sénégal a annoncé que les engagements libellés en monnaie locale ne seraient pas concernés par cette opération.
Concernant le passage de la perspective de négative à stable, Moody’s estime que les difficultés liées à la dette publique et les éventuels retards dans la mise en œuvre du programme du Fonds monétaire international (FMI) sont partiellement contrebalancés par l’appartenance du Sénégal à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette appartenance permet au pays de limiter certains risques financiers et de conserver son accès au marché régional de la dette.




