Détenu provisoirement depuis le 23 janvier 2024, Ch. Oumar, alias Ch. I. Niass, a comparu devant le tribunal pour répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, faux-monnayage, contrebande et détention illégale d’arme. Éleveur, marié à quatre épouses et père de 17 enfants, le prévenu, présenté comme proche d’une famille religieuse de Kaolack, encourt cinq ans de prison ferme.
Selon le procès-verbal consulté par L’Observateur, l’affaire a débuté à la suite d’une opération d’infiltration menée par les services des Douanes. Des agents auraient pris contact avec le prévenu et passé une commande de faux billets d’une valeur de 300 millions de francs CFA. Au fil de leurs échanges, le mis en cause aurait assuré être en mesure de leur fournir une somme dépassant les deux milliards de francs CFA.
Une perquisition effectuée à son domicile aurait ensuite permis aux enquêteurs de découvrir une mallette contenant près d’un milliard de francs CFA en fausses coupures.
À la barre, Ch. I. Niass a toutefois attribué la propriété de cette mallette à El H. A. Ndao, présenté comme étant en fuite. D’après les éléments rapportés par le journal, le prévenu avait initialement déclaré aux enquêteurs que ce dernier disposait de pouvoirs mystiques lui permettant de faire apparaître d’importantes sommes en euros et en dollars. Il aurait notamment évoqué l’achat d’un parfum d’une valeur de trois millions de francs CFA. Des déclarations sur lesquelles il est ensuite revenu devant les juges, niant avoir tenu de tels propos.
Le dossier comporte également un volet relatif à la détention d’une arme sans autorisation. Sur ce point, le prévenu a reconnu les faits, expliquant qu’on lui avait présenté l’arme comme étant factice. Il a assuré l’avoir conservée pour assurer la protection de son élevage de moutons Ladoum. Pour le ministère public, l’absence d’autorisation administrative suffit toutefois à établir l’infraction.
Visiblement affaibli à l’audience, où il s’est présenté avec une béquille, Ch. I. Niass a également évoqué les conséquences de son incarcération sur sa vie personnelle. Il affirme avoir subi deux opérations médicales, perdu son cheptel d’une centaine de moutons et vu ses épouses partir, tandis que sa famille se serait progressivement disloquée.
« Deux ans et sept mois de prison ont détruit ma vie », a-t-il déclaré, avant de solliciter la clémence du tribunal.
Une demande qui n’a pas convaincu le parquet. Selon L’Observateur, le procureur a requis la condamnation du prévenu pour l’ensemble des charges retenues contre lui. Cette réquisition a provoqué les larmes de plusieurs de ses proches présents dans la salle d’audience.
La défense, qui conteste notamment le délit d’association de malfaiteurs, a de son côté sollicité l’audition de personnes présentées comme étant en fuite. Elle n’a toutefois pas obtenu la mise en liberté provisoire de son client.
L’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal rendra sa décision le 8 septembre.




