« Honte », « colère » et appel au calme : ce qu’a dit Emmanuel Macron après les événements du 17 octobre

20:08
À LA UNEActu_ExpressACTUALITEINTERNATIONAL
« Honte », « colère » et appel au calme : ce qu’a dit Emmanuel Macron après les événements du 17 octobre

Ses mots étaient attendus à la hauteur du choc vécu samedi 17 octobre. Emmanuel Macron a pris la parole dimanche soir 18 octobre après les nombreux pillages et scènes de violence qui ont accompagné la manifestation contre la vie chère. Dans une allocution solennelle enregistrée d’environ huit minutes, le chef de l’Etat a commenté « un moment d’une extrême gravité ». « Des factieux, issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants se sont livrés à une violence débridée dans nos villes. (…) En regardant ces images, nous nous sommes tous demandés : Qu’ont-ils dans la tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? (…) Comment peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie, rien le l’explique, rien ne l’excuse ».

Le président a dit ressentir « de la colère et de la honte » et a adressé son soutien aux forces de l’ordre, aux maires et aux élus ainsi qu’à tous les commerçants touchés. Qualifiant la violence qui s’est déployée d’« inouïe », Emmanuel Macron a lancé plusieurs appels.

Emmanuel Macron a promis dimanche « la transparence » quant à la stratégie du maintien de l’ordre employée samedi, alors que l’exécutif est pointé du doigt après le saccage de nombreux commerces et bâtiments publics dans plusieurs grandes villes de France.

Il a demandé au gouvernement, et notamment « au ministre de l’Intérieur » Laurent Nuñez, de « tirer toutes les leçons » concernant la journée de samedi « en matière de renseignement et d’anticipation ». « J’attends des réponses claires et toute la transparence sera faite », a-t-il promis.

Fermeté

« Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé doivent rembourser », a déclaré le chef de l’Etat, promettant des suites judiciaires aux infractions commises lors des violences. « Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre », a-t-il ajouté.

« Les préfets prendront les décisions en lien avec les maires pour protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces », a expliqué Emmanuel Macron qui a aussi appelé à ce que le « suivi judiciaire » soit « exemplaire ». Les préfets « prendront les décisions » qui s’imposent pour protéger les villes, allant jusqu’à « interdire » si nécessaire « certains rassemblements ».

Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunira « dans les prochains jours » l’ensemble des partis politiques afin de condamner les violences mais aussi les syndicats, organisations étudiantes, collectivités et parlementaires afin de « construire » des solutions quant aux revendications sociales.

« Nous ne pouvons demander à notre jeunesse de croire en l’avenir sans lui donner la possibilité de construire les réponses et d’être autour de la table », a estimé Emmanuel Macron.

Appel au débat et au calme

Emmanuel Macron a par ailleurs appelé les Français à privilégier le débat démocratique à six mois de l’élection présidentielle. « Tous ceux qui aujourd’hui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre n’ont qu’un but : abîmer la République et voler le débat », a-t-il affirmé.

Il a défendu des débats dans les réunions publiques, les médias et les rassemblements pacifiques, « dans le respect ». « Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois », a-t-il déclaré lançant un appel à « l’unité, [au] calme et [au] respect ».

Le chef de l’Etat a par ailleurs appelé les partis politiques et les organisations professionnelles et syndicales à « condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme ». « Le pays a besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade », a-t-il dit.

Une allocution très attendue

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a qualifié de « lamentable » l’allocution d’Emmanuel Macron. « Ce pouvoir lâche et désorienté n’a plus rien à dire aux Français, plus rien à leur proposer. Il n’a même plus la force de les protéger », a réagi le dirigeant du parti d’extrême droite sur X.

Avant la prise de parole, Jean-Luc Mélenchon (LFI) l’avait appelé à ne pas jouer « le pourrissement », et à répondre aux revendications des manifestants, car la jeunesse « a besoin qu’il y ait une bonne fin à cette séquence ».

Interrogé sur LCI, le candidat à la présidentielle avait estimé que si l’intervention du chef de l’Etat lançait « une nouvelle phase de pourrissement, nous allons aller devant des événements qui finiront par devenir incontrôlables ». « Notre jeunesse a besoin qu’il y ait une bonne fin à cette séquence », a ajouté le leader Insoumis, citant le « blocage des prix », « 10 milliards » d’investissements dans l’éducation ou encore la suppression de Parcoursup.

Critiqué par l’exécutif, une partie du bloc central, la droite et l’extrême droite qui l’accusent d’encourager les violences comme celles qui ont marqué la journée de samedi, Jean Luc Mélenchon a affirmé que LFI ne « dirige pas le mouvement populaire, (qui) se dirige lui-même » et dénoncé « l’incompétence dans la technique du maintien de l’ordre » de la part du gouvernement.

Le patron de LR et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau avait quant à lui appelé Emmanuel Macron à déclarer « sans délai », « l’état d’urgence », face à « une violence diffuse », « qui risque de se poursuivre nuit après nuit ».