Après plusieurs mois de réserve, l’ancien Premier ministre et président du parti Rewmi, Idrissa Seck, reprend la parole sur la scène politique sénégalaise. Dans une adresse solennelle aux Sénégalais, transmise ce mardi 27 octobre 2026, l’ancien candidat à la présidentielle de mars 2024 dresse un bilan particulièrement sévère de l’action des nouvelles autorités, qu’il juge « désastreux » sur plusieurs plans.
Pour justifier son silence jusqu’ici, Idrissa Seck invoque « le respect du choix souverain du peuple » ainsi que la nécessité d’accorder un temps d’observation aux nouvelles autorités, au regard de ce qu’il considère comme leur « inexpérience ». Toutefois, estimant que la moitié du mandat présidentiel est désormais écoulée, le leader de Rewmi considère que le moment est venu d’évaluer la gestion du pouvoir.
Une situation économique et sociale préoccupante
Dans sa déclaration, l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse un tableau sombre de la situation économique, diplomatique et sociale du Sénégal. Il évoque notamment la dégradation de la notation financière du pays par les agences internationales, l’affaiblissement du tissu économique et le recul du rayonnement diplomatique du Sénégal.
Sur le plan social, Idrissa Seck déplore également la détérioration du débat public, marqué, selon lui, par la multiplication des invectives au détriment de la confrontation des idées. Il dénonce notamment l’usage de termes tels que « kulunas » et « moutons », qu’il considère comme révélateurs d’une déshumanisation des rapports entre concitoyens.
L’ancien Premier ministre met par ailleurs en garde contre les tensions institutionnelles, dans un contexte marqué par les désaccords autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Il estime qu’une crise institutionnelle pourrait paralyser le fonctionnement du pays et accentuer les difficultés économiques.
Un appel à un sursaut national
Face à cette situation, Idrissa Seck appelle à la mobilisation des forces politiques et sociales autour d’un objectif commun. Il plaide pour la mise en place d’un « cordon sanitaire » contre ce qu’il qualifie d’« aventure populiste trompeuse ».
Cet appel s’adresse notamment aux partis politiques, à la société civile, aux organisations syndicales et au secteur privé. L’objectif affiché est de préserver la République, de consolider les institutions et de sauvegarder le vivre-ensemble.
Le président de Rewmi salue également la prise de conscience qu’il observe chez une partie des citoyens, notamment les jeunes, les femmes et les Sénégalais de la diaspora.
Idrissa Seck annonce son implication dans le redressement national
Au terme de son adresse, l’ancien candidat à la présidentielle estime que le risque de « continuer dans l’erreur » rend nécessaire un nouveau cap. Il appelle ainsi à redonner la parole aux citoyens et annonce son intention de participer activement à la dynamique de redressement national.
En affirmant vouloir « prendre toute sa part » dans cette démarche, Idrissa Seck semble annoncer son retour au premier plan du débat politique, dans un contexte marqué par les tensions entre les acteurs politiques et les interrogations sur la conduite des affaires publiques.




