Rencontre Diomaye–Macky : un tête-à-tête sur fond de tensions politiques

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Rencontre Diomaye–Macky : un tête-à-tête sur fond de tensions politiques

Arrivé aux alentours de 15 heures (heure locale) sur la piste de l’aéroport militaire, l’ex-président a eu droit à un comité d’accueil bruyant. L’AFP rapporte qu’environ un millier de sympathisants l’attendaient de pied ferme. Debout à travers le toit ouvrant de son véhicule, il a salué la foule avant de prendre la direction du centre-ville, escorté par une nuée de motos pétaradantes. 

Sa destination finale était hautement symbolique puisqu’il s’est rendu directement au palais présidentiel pour un face-à-face avec son successeur, Bassirou Diomaye Faye. Si aucune déclaration officielle n’a filtré à l’issue de cet entretien, le contexte de cette visite ne laisse aucune place au doute quant à ses enjeux.

Ce déplacement fulgurant s’inscrit officiellement dans le cadre de la campagne de Macky Sall pour briguer le poste de secrétaire général des Nations unies. C’est le Burundi, assumant actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, qui a soumis son dossier. 

Toutefois, cette poignée de main entre l’actuel et l’ancien locataire du Palais de la République intervient dans un climat politique intérieur explosif. La présidence de Bassirou Diomaye Faye traverse une zone de fortes turbulences consécutive au renvoi de son Premier ministre, Ousmane Sonko. La rupture étant désormais actée avec le leader du parti majoritaire, le chef de l’État pourrait, selon l’analyse de l’AFP, chercher à s’appuyer politiquement sur son ancien adversaire pour consolider son propre camp.

Onde de choc et démission au sommet de l’État

Dérouler le tapis rouge à l’ancien régime passe mal auprès d’une frange importante de l’opinion et de la classe politique, qui n’a pas oublié les violences ayant émaillé le pays entre 2021 et 2024. Le bilan humain de la répression des manifestations pèse lourdement sur cet agenda diplomatique.

Jeudi, un collectif citoyen s’est insurgé contre cette démarche, qualifiant cette visite d’« indécente » et exigeant que la justice fasse enfin toute la lumière sur les dizaines de décès survenus sous l’ère Sall. La fronde a même gagné le cœur du pouvoir actuel. 

Sollicitée par l’AFP sans obtenir de réponse, la présidence fait face à une crise interne ouverte. Le conseiller présidentiel Alioune Ibnou Abitalib Sow a rendu son tablier ce vendredi en signe de protestation. Sur le réseau social X, l’homme politique a justifié sa démission de manière cinglante en pointant la responsabilité de l’ancien président dans les drames récents du pays. 

« Une grande partie des maux que le pays traverse aujourd’hui, c’est lui. Des Sénégalais sont morts, des familles attendent encore la vérité », a-t-il fustigé.