Ils ont insulté ou rabaissé tout le monde, ils se sont autoproclamés champions de la vertu et de la probité, mais Dieu les a rabaissés de la pire des façons. Et comme ils sont en perpétuel déni de réalité, ils veulent désormais enterrer l’affaire Ndiaga Seck, ils cherchent à instiller dans les esprits que leur leader dont il est l’ami intime ignorait l’orientation sexuelle de ce woubi. Heureusement que la mauvaise foi n’est pas mortelle, car il y aurait une hécatombe dans les rangs de l’engeance. Fira’ouna aussi se croyait indestructible, car il se prenait pour un dieu : comment un dieu peut-il être voué à la faillite ? Ils connaissent tous le destin de Fira’ouna, mais ils sont trop précieux pour échapper aux lois inexorables de l’histoire.
Ces gens ont été tellement arrogants et perfides qu’ils ont fait de la sympathie pour leur engeance l’étalon de Validation du savoir et de l’être des personnes. Tu as été leur chef religieux, ils t’ont insulté dès que tu as émis la moindre critique contre leur gourou. Tu as été leur ami, ils te diabolisent dès que tu te permets de critiquer «Muselmi» (j’espère qu’ils vont désormais hésiter avant d’employer un tel nom). Tu es intellectuellement plus nanti que leur chef, ils t’invalident à la moindre observation sur ce dernier. Ils ont eu la candeur de croire que ça pouvait indéfiniment marcher.
Comment peut-on prétendre corser la lutte contre le woubisme et garder dans ses rangs des personnes nationalement connues comme des symboles de cette pratique ? Si quelqu’un a la réponse à cette question, il a l’explication de l’imposture qui règne dans ce pays depuis 2021. Cette énorme bassesse n’est pourtant qu’un avertissement, un signe pour ceux qui savent en décrypter le sens. Ce n’est pas trop tard pour revenir en arrière et revoir sa posture sur les évènements de 2021. Tout est lié. Une imposture est avant tout un état d’esprit : divorce avec la vérité, confusion entre la réalité et la fabulation, refus obstiné de reconnaître sa perfidie, folie des grandeurs, arrogance suspecte, rejet de ses fautes sur autrui, etc.
N’est-ce pas ironique de lire Sonko écrire dans Pétrole et Gaz au Sénégal, Chronique d’une spoliation : «Nous aimons parler des valeurs, de ce qui doit être, de la morale et de la religion, mais cela se limite à la rhétorique… Or, sans ces interdits que chacun doit se fixer pour éviter de nuire aux autres, jamais les comportements du plus grand nombre ne sécrèteront le bonheur collectif.
Les bases éthiques du comportement individuel, chacun peut les puiser dans la religion s’il en pratique, dans la tradition s’il y est attaché, ou, en l’absence même de référentiel axiologique, dans la simple conscience que certains actes nuisent à l’intérêt collectif et donc, dans le long terme, à soi-même.» ?
Voilà pourquoi il faut lire les hommes politiques et les écouter en notant ce qu’ils disent. Ce, non pour y déceler la vérité (c’est une denrée rare dans cet univers), mais pour voir comment leur Moi profond, celui inhibé par le Moi apparent, transparaît à travers leurs écrits. Un manque de rigueur, une manie à dire des contrevérités, une tendance à l’obscénité, la passion pour le luxe et pour la luxure, l’infidélité dans les relations, le manque d’intégrité morale et intellectuelle : tout cela peut être détecté dans les écrits des auteurs, principalement des hommes politiques.
Savoir que c’est monsieur Sonko qui a bien écrit ceci : «De quoi Sénégal est-il le nom ? Est-ce le nom du pays de l’argent facile admis comme ascenseur social, du verbe facile au détriment de l’action concrète, du paraître au détriment de l’être, du népotisme au mépris de la compétence, de l’hypocrisie déguisée en pudeur et érigée en valeur sociale ?
De quoi Sénégal est-il le nom ? Est-ce le nom d’une Nation où l’argent-roi structure les rapports sociaux, où l’argent vaut mieux que l’intégrité, où la politique constitue un métier comme un autre, permettant de s’enrichir tout en s’achetant un brevet de bonne conduite sociale à coups de largesses ?
De quoi Sénégal est-il le nom ? Est-il synonyme d’occasions manquées, d’espérances gâchées, d’ambitions ravalées, de potentialités étouffées, de labeur sans cesse recommencé, de l’échec qui, inévitablement, couronne nos malheureuses tentatives de réussir quelque chose de bien, quelque chose de grand, quelque chose de durable ?» -savoir qu’il est l’auteur de ces lignes, c’est comprendre ce qu’on appelle la ruse de l’histoire humaine.
Et pourtant, ils ont accusé Macky sall de complot dans l’affaire Adji Sarr : comment Macky, président de la République, pouvait-il ignorer les agissements de l’ami du gourou ? N’était-ce pas là l’occasion idéale pour le piéger dans une affaire beaucoup plus scabreuse ? On pousse le ridicule au point d’insinuer que le sieur Seck a avoué que son ami n’était pas au courant de son orientation sexuelle. Voilà donc un ancien opposant qui pouvait tout savoir du gouvernement, mais rien de son entourage, de son cercle d’amis le plus intime. Un ami à qui on cache ce qu’on est et qu’il combat ouvertement en public ? C’est donc ça l’amitié ? C’est quoi ce délire ?
Quand des gens se permettent de jurer sur le Saint Coran pour absoudre leur leader et que l’histoire finit par les démentir ; quand des gens sont capables de croire quelqu’un qui dit le matin «je ne connais pas cette fille, je n’y suis jamais allé» et le soir «j’y suis allé certes, mais c’était pour me soigner» ; quand des hommes qui réfléchissent sont capables de croire une personne qui a dit qu’il a vu de ses propres yeux l’agrément de Sweet Beauté, pour revenir ensuite traiter la plaignante comme il l’a fait. Quand on abdique de son bon sens à ce point, peut-on encore croire la réalité qu’on tâte et qui s’impose aussi bien aux sens qu’à l’esprit ?
De l’abjection des 72 heures à la spirale du silence sur l’affaire Ndiaga seck : autopsie de l’imposture de l’engeance Par Alassane K. KITANE
16:51
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