O. Ndiaye, alias « Laye Lama », un câbleur de 36 ans (33 ans au moment des faits), a comparu mardi devant la Chambre criminelle. Il répondait des chefs d’accusation de viol, pédophilie et détournement de mineure sur la petite B. Sèye, âgée de 14 ans lors du drame survenu en mai 2023 au quartier Déggo de Yeumbeul, rapporte L’Observateur, qui a assisté à l’audience.
Le jour des faits, alors que l’adolescente se rendait chez un réparateur de téléphones, l’accusé l’intercepte. Après l’avoir abordée la veille en se présentant comme son oncle, il l’attire dans une maison vide sous prétexte de lui remettre un cadeau pour son père en partance pour La Mecque. Une fois à l’intérieur, il verrouille la porte, immobilise la victime et abuse d’elle malgré ses cris. Traumatisée, la jeune fille s’enferme dans le silence jusqu’au 13 octobre 2023, date à laquelle sa mère découvre sa grossesse avancée de plus de 23 semaines.
Le baptême de la discorde et le refus du test ADN
La même source rappelle que durant l’instruction, il a été établi que le frère de l’accusé avait versé 150 000 F CFA à la famille de la victime pour que le bébé porte le prénom de leur propre mère.
Pourtant, à la barre, l’accusé nie avoir jamais touché la jeune fille et refusé le test ADN ordonné par le tribunal en prétextant un manque de moyens financiers. Confronté par le procureur à ses propres déclarations écrites devant le juge d’instruction où il acceptait de donner son nom à l’enfant « pour éviter que cet innocent ne devienne un sans-père » – O. Ndiaye s’est embourbé dans le déni. Sa propre mère s’est d’ailleurs rangée du côté de l’accusation lors de l’enquête.
10 ans de réclusion criminelle requis
La défense a plaidé l’acquittement, tentant d’exploiter le fait que le père de la victime ne s’était pas formellement associé à la plainte de son épouse. Une brèche immédiatement balayée par le maître des poursuites.
« Les filles victimes de viol ne parlent jamais directement. Ce sont leurs mères qui, en observant attentivement, découvrent les faits, portent plainte et se constituent parties civiles », réplique-t-il, repris par le journal.
Estimant les charges suffisamment caractérisées, le procureur de la République a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle à l’encontre d’O. Ndiaye.
Le verdict de la Chambre criminelle a été mis en délibéré pour le 8 juin prochain, conclut le quotidien du Groupe futurs médias.




