Kaolack : deux individus déférés pour exploitation illégale de Starlink

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Kaolack : deux individus déférés pour exploitation illégale de Starlink

La Section de recherches (SR) de Kaolack a déféré, le 14 août 2026, deux individus, identifiés sous les initiales F. Cissé et F. Kandji, devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kaolack. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs et exercice illégal d’une activité réglementée dans le secteur des télécommunications, au préjudice de la Société nationale des télécommunications du Sénégal (Sonatel).

L’affaire a débuté le 10 août dernier, à la suite d’une plainte déposée contre X par A. D. Sall, chef du département contentieux de la Sonatel à Kaolack. La plainte faisait état d’un exercice illégal d’une activité soumise à licence, notamment à travers l’utilisation de la technologie de communication par satellite Starlink.

D’après les éléments recueillis au cours de l’enquête, plusieurs individus auraient mis en place un système permettant de distribuer illégalement une connexion internet via Starlink dans plusieurs localités de la région de Kaolack. Les zones concernées sont notamment Mbossé, Mbossé Dara, Mbolougne et Boulél, dans le département de Guinguinéo.

Selon la juriste d’entreprise A. Y. R. Diop, employée à la Sonatel, l’entreprise avait été alertée par une source anonyme au sujet d’un réseau de branchements présumés frauduleux dans ces localités. Des vérifications effectuées sur le terrain auraient permis de confirmer l’existence de cette activité.

Les personnes intéressées auraient accès au service moyennant 25 000 francs CFA de frais d’adhésion, auxquels s’ajoutait une mensualité de 10 000 francs CFA. Or, la distribution collective d’un accès internet via Starlink est soumise à la réglementation en vigueur dans le secteur des télécommunications ainsi qu’à une autorisation de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP).

Lors d’une descente sur le terrain, les enquêteurs de la SR ont constaté les installations mises en place. F. Cissé et F. Kandji ont ensuite été interpellés. Les perquisitions effectuées à leurs domiciles ont permis de saisir plusieurs équipements Starlink, notamment des plaques reliées par câbles et utilisées pour distribuer la connexion à différentes concessions.

Entendue par les enquêteurs, une témoin identifiée sous les initiales G. Niang a déclaré avoir bénéficié d’un branchement internet fourni par un individu résidant à Mbar, en contrepartie d’un abonnement mensuel de 10 000 francs CFA.

Au cours de son audition, F. Cissé aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a déclaré avoir fourni une connexion internet aux habitants de son village, Mbossé, contre 25 000 francs CFA de frais d’adhésion et une redevance mensuelle de 10 000 francs CFA. Il aurait également indiqué avoir mis fin à cette activité après la publication d’un communiqué de l’ARTP interdisant cette pratique.

De son côté, F. Kandji a reconnu avoir proposé un service similaire à Mbar. Il aurait expliqué facturer 15 000 francs CFA pour l’adhésion et 10 000 francs CFA par mois, tout en affirmant ne pas avoir eu connaissance du caractère illégal de cette activité.

À l’issue de l’enquête, les deux mis en cause ont été présentés au parquet le 14 août 2026. Ils sont poursuivis sur la base des dispositions de l’article 238, alinéa 1, du Code pénal, ainsi que de la législation relative aux télécommunications, notamment la loi n°72-39 du 26 mai 1972 et la loi n°96-03 du 22 février 1996 portant Code des télécommunications.