À quelques minutes du démarrage des consultations nationales, le service de communication de la Présidence de la République a envoyé à la rédaction du site exclusif.net un dossier de presse dans lequel il tente de justifier la nouvelle démarche du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, après une série de dénonciations portant sur la volonté de dialoguer avec les personnalités du « système ».
« Pourquoi écouter celles et ceux qui ont servi ? Le premier cycle des consultations rassemble d’anciens Premiers ministres, d’anciens ministres des Finances et d’anciens ministres de l’Intérieur. Ce choix n’a rien d’anodin. Il dit, mieux que tout discours, ce que la République doit à celles et ceux qui ont eu, à un moment de leur vie, la charge de l’État. Depuis 1960, des hommes et des femmes ont contribué, chacun à leur niveau, à l’édification d’une République, d’un État démocratique et fort, d’une nation respectée. Leurs choix, leurs combats, leurs réussites et même leurs revers font partie du patrimoine commun de la Nation. Les écarter ou les ignorer serait priver le pays d’une part essentielle de son intelligence collective », soutient le service de communication.
Celui-ci ajoute : « L’expérience de l’État, un bien commun. Avoir exercé la responsabilité de Premier ministre, de ministre des Finances ou de ministre de l’Intérieur, c’est avoir vu de près les ressorts de l’État. C’est avoir éprouvé, dans la chair de la décision, ce que coûtent les arbitrages, ce que pèsent les contraintes, ce que signifient les responsabilités. Cette expérience n’appartient pas en propre à ceux qui l’ont vécue. Elle est, en dernière instance, un bien de la République. »
Cette nouvelle approche constitue une pilule amère pour certains militants de Pastef, qui peinent à l’accepter. En effet, tout au long du parcours politique du parti, les discours des leaders y compris celui de l’actuel locataire du Palais prônaient une rupture avec les personnalités issues du « système ». Mais, deux ans plus tard, les données ont changé.
Bien avant ce dossier de presse, le Président de la République avait déjà exprimé sa volonté de rencontrer même ses adversaires d’hier : « Le Sénégal a commencé avant nous et continuera après nous. Les acteurs politiques, ceux au pouvoir comme ceux dans l’opposition, doivent être à la hauteur de ce legs, avec humilité », avait déclaré Bassirou Diomaye Diakhar Faye dans une interview du 2 mai 2026.
En recevant ces personnalités, le chef de l’État ne renoue avec aucun héritage particulier. « Il écoute la voix de l’État dans sa profondeur, par-delà les alternances et les sensibilités. C’est précisément cela, l’humilité républicaine : la conscience que l’État précède ceux qui le servent et qu’il leur survit. Un dialogue qui n’oppose pas, mais qui rassemble », précise le service de communication de la Présidence de la République.
Les anciens responsables qui seront reçus n’appartiennent pas tous à la même famille politique. C’est précisément ce qui donne sa noblesse à la démarche. Le chef de l’État convoque ainsi la pluralité de l’expérience nationale, et non la convergence des opinions. Il écoute la diversité des regards, et non l’uniformité des positions.
Cette approche prolonge ce que le président avait déjà posé dès 2025, lors de son discours d’ouverture sur le système politique : la reconnaissance des victimes, de toutes les victimes, et la solidarité nationale envers les familles endeuillées par l’histoire récente.
« Le second cycle des consultations ». Conformément à l’annonce faite en Conseil des ministres le 20 mai 2026, un second temps des consultations s’ouvrira ensuite à d’autres personnalités, notabilités et représentants des forces vives de la Nation. Le périmètre des audiences s’élargira ainsi, dans la même logique d’écoute et d’inclusion qui caractérise, depuis 2024, l’approche du chef de l’État, informe le service de communication de la Présidence de la République




