À l’approche de l’échéance du 31 juillet, fixée par le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, le message est clair : les retardataires s’exposent à des sanctions. Mais peut‐on réellement s’attendre à des déclarations sincères et exhaustives ?
À l’approche de l’échéance du 31 juillet, fixée par le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, le message est clair : les retardataires s’exposent à des sanctions. Mais au‐delà de l’effet d’annonce, une question s’impose : peut‐on réellement s’attendre à des déclarations sincères et exhaustives ?
Le simple fait que certains assujettis traînent les pieds est déjà révélateur. La déclaration de patrimoine, censée être un acte de transparence, semble vécue comme une contrainte à contourner. Et pour cause : en l’espace de moins de deux ans, plusieurs directeurs généraux, ministres et autres per‐ sonnes concernées affichent des signes extérieurs de richesse difficilement explicables
Villas sorties de terre en un temps record, déménagements vers des résidences flambant neuves, acquisitions de terrains à la périphérie de Dakar, fermes modernes, voire immeubles en construction…
À cela s’ajoute un autre marqueur de prestige : un parc automobile de plus en plus luxueux. Des bolides, notamment des 4×4 V8 de dernière génération, dont les prix oscillent entre 80 et 100 millions de FCFA, viennent compléter ce tableau d’opulence. Ces véhicules haut de gamme, souvent acquis en série, renforcent l’image d’une richesse soudaine et ostentatoire.
Ces trajectoires fulgurantes interrogent. Elles donnent l’impression d’un enrichissement accéléré qui, dans bien des cas, ressemble à de l’enrichissement illicite. Dans ce contexte, la sincérité des déclarations de patrimoine devient un enjeu central, mais aussi un défi majeur.
Car il serait naïf d’ignorer les stratégies de contournement déjà bien connues : recours à des prête‐noms, transfert de biens au nom d’épouses, d’enfants ou de proches, dilution du patrimoine réel derrière des montages familiaux. Autant de pratiques qui vident de sa substance l’exercice de transparence.
Face à ces dérives, l’OFNAC est attendu au tournant. L’institution doit aller au‐delà des déclarations volontaires et s’inscrire dans une logique de vérification rigoureuse, de recoupement des informations et de sanctions effectives. La publication annoncée de la liste des défaillants serait un premier signal fort, mais elle ne suffira pas si elle n’est pas suivie d’actes concrets.
Il est temps de siffler la fin de la bamboula. La lutte contre la corruption ne peut se contenter d’intentions. Elle exige du courage, de la constance et surtout une impartialité totale, « sans considération de statut ni de position », comme l’a rappelé Moustapha Ka, président de l’OFNAC. Le 31 juillet ne doit pas être une simple date butoir. Il doit marquer le début d’une véritable reddition des comptes.
Par Boubacar Kambel Dieng




