Alors que la polémique autour de la « dette cachée » connaît un nouveau rebondissement après les déclarations de Mamadou Faye, ancien premier président de la Cour des comptes, le débat sur l’emprisonnement de l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, refait surface. Dans une longue série de témoignages recueillis par L’Observateur repris par Dakaractu , ses proches décrivent un homme serein, combatif et convaincu d’être victime d’une procédure à caractère politique.
Une affaire relancée par le débat sur la « dette cachée »
Jeudi, le nom de Pape Malick Ndour a largement alimenté les discussions sur les réseaux sociaux, dans les radios et sur plusieurs plateaux de télévision. Si l’actualité immédiate était dominée par les nouvelles révélations autour de la « dette cachée », consécutives à l’entretien accordé à L’Observateur par Mamadou Faye, les proches de l’ancien ministre ont saisi l’occasion pour remettre en lumière sa situation carcérale.
Détenu depuis le 15 mai dernier dans le cadre de l’affaire de la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), où il est poursuivi pour un présumé détournement portant sur deux milliards de francs CFA, Pape Malick Ndour continue de bénéficier du soutien actif de sa famille, de ses amis et de ses compagnons politiques.
Selon les témoignages recueillis par L’Observateur, tous partagent la conviction qu’il serait victime d’une « machination politique » dissimulée derrière une opération d’assainissement des finances publiques.
« Il est fort mentalement »
L’un des témoignages les plus marquants est celui d’Amath Diouf, proche de l’ancien ministre.
D’après lui, malgré l’épreuve de la détention, Pape Malick Ndour conserve une étonnante force morale.
« Il est dans un bon état d’esprit. Pape Malick se porte très bien. Je le vois comme quelqu’un qui est chez lui. Il est à l’aise. C’est quelqu’un qui n’a pas de souci », affirme-t-il dans les colonnes de L’Observateur
Son ami insiste particulièrement sur sa résilience psychologique, affirmant que rien dans son attitude ou son apparence ne laisse paraître les effets de l’incarcération.
Il évoque également l’importante mobilisation autour du détenu, notamment lors des jours de visite à la prison de Rebeuss.
« Pape Malick a l’esprit tranquille »
Sa sœur, Khadidiatou Ndour, décrit un homme calme, serein et confiant quant à l’issue judiciaire de son dossier.
Selon elle, son frère ne se considère pas comme une victime résignée mais comme un homme convaincu de son innocence.
Elle rapporte notamment cette phrase que l’ancien ministre répéterait régulièrement à ses proches :
« On peut emprisonner un corps, mais pas un esprit tranquille. »
Toujours selon son témoignage rapporté par L’Observateur, Pape Malick Ndour estime que le temps finira par établir la vérité et laver totalement son honneur.
Ses proches affirment qu’il demeure fidèle à sa discipline intellectuelle et conserve une grande stabilité émotionnelle malgré la privation de liberté.
Un détenu qui continue à suivre l’actualité économique
L’ancien ministre resterait particulièrement attentif aux questions économiques et politiques.
Amath Diouf explique que leurs échanges portent régulièrement sur la situation du pays, la gestion publique et les enjeux économiques nationaux.
Selon ses proches, Pape Malick Ndour continue également à suivre les activités de la Cellule des cadres républicains (CCR), structure dans laquelle il occupait une place importante au sein de l’Alliance pour la République (APR).
L’économie demeurerait son principal centre d’intérêt durant sa détention, au point d’alimenter fréquemment les discussions avec ses visiteurs.
Une famille qui dénonce une « injustice »
Au sein de sa famille, la détention de Pape Malick Ndour est perçue comme une profonde injustice.
Sa sœur affirme dans les colonnes de L’Observateur qu’il paierait aujourd’hui le prix de ses prises de position politiques et de ses interventions dans le débat public.
Elle soutient notamment que son frère n’était qu’un fonctionnaire au moment des faits évoqués dans certains rapports administratifs cités dans le dossier.
Pour elle, les éléments retenus contre lui ne justifieraient pas son placement sous mandat de dépôt après avoir déjà été placé sous contrôle judiciaire.
L’APR resserre les rangs autour de son responsable
Du côté de l’Alliance pour la République, le soutien reste total.
Hamidou Anne, coordinateur de la Cellule Analyses et Prospective (CAP), décrit également un responsable politique combatif et persuadé d’être victime d’une injustice.
Selon lui, l’affaire s’inscrirait dans ce qu’il considère comme une série d’actions dirigées contre plusieurs responsables de l’ancien régime.
Toujours cité par L’Observateur, il affirme que l’APR exige la libération de Pape Malick Ndour et continue de lui apporter un soutien sans faille.
Des conditions de détention difficiles
Interrogé sur les conditions de détention à Rebeuss, Hamidou Anne rappelle la situation de surpopulation carcérale qui affecte l’établissement pénitentiaire.
Selon lui, la prison, conçue pour accueillir environ 800 détenus, hébergerait aujourd’hui près de 3 000 personnes.
Malgré ces difficultés, les proches de Pape Malick Ndour assurent qu’il fait preuve de résilience et conserve sa foi ainsi que ses convictions politiques.
Une bataille judiciaire et politique qui se poursuit
Au-delà du dossier judiciaire lui-même, l’affaire Pape Malick Ndour continue d’alimenter le débat politique national. Les témoignages recueillis par L’Observateur révèlent un entourage convaincu de son innocence et persuadé que son incarcération est liée à son engagement politique et à ses prises de position sur les questions économiques.
Pendant que la justice poursuit son travail dans le dossier du Prodac, ses soutiens continuent de plaider pour sa libération et de défendre l’image d’un homme qui, malgré les murs de la prison, refuse de céder au découragement.




