Vie chère : Pourquoi les prix ne baissent jamais vraiment au Sénégal

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Vie chère : Pourquoi les prix ne baissent jamais vraiment au Sénégal

L’inflation ne s’arrête pas toujours lorsque la cause de départ disparaît. Une première hausse des prix peut en entraîner d’autres, parfois plusieurs mois plus tard. C’est ce que les économistes appellent l’effet de second tour.

Le mécanisme commence souvent par un choc extérieur. Une hausse du prix du pétrole, du gaz, du transport maritime ou des produits alimentaires renchérit les coûts pour les entreprises. Celles-ci répercutent ensuite une partie de cette augmentation sur leurs propres prix de vente.

Lorsque les prix de l’énergie augmentent, le coût du transport, de la production, de la logistique ou de l’électricité progresse également. Un boulanger paiera plus cher sa farine, son électricité et son transport. Un restaurateur verra le prix de ses denrées, de son gaz et de ses livraisons augmenter. Chacun finit alors par ajuster ses tarifs.

Le phénomène peut ensuite s’étendre aux salaires. Lorsque le coût de la vie augmente fortement, les salariés cherchent à préserver leur pouvoir d’achat en demandant des revalorisations. Les entreprises qui accordent ces hausses de rémunération voient leurs charges progresser et peuvent être tentées d’augmenter à nouveau leurs prix.

C’est ainsi qu’une première hausse du carburant ou des denrées alimentaires peut finir par se diffuser à l’ensemble de l’économie. Même si les prix du pétrole ou du blé redescendent ensuite, certains prix continuent d’augmenter parce que les salaires, les loyers, les frais de transport ou les coûts de production ont déjà été ajustés.

Cette situation a été observée dans de nombreux pays après le début de la guerre en Ukraine. En 2022 et 2023, la hausse des prix de l’énergie, des céréales et du fret maritime a d’abord touché quelques produits précis. Puis elle s’est progressivement diffusée à d’autres secteurs comme les transports, la restauration, le logement ou certains services.

Dans l’UEMOA, les effets de second tour restent généralement plus modérés que dans d’autres régions du monde, notamment parce que les salaires sont moins indexés sur l’inflation. Mais ils existent malgré tout. Une hausse du prix des carburants ou du transport peut finir par affecter les loyers, les marchés alimentaires, les coûts de distribution ou les prix des services urbains.

C’est pour cette raison que les banques centrales surveillent autant ces mécanismes. Une inflation liée à un choc ponctuel peut être plus facile à absorber. En revanche, lorsque les hausses de prix commencent à se propager à l’ensemble de l’économie, elles deviennent beaucoup plus difficiles à freiner.