France: trois policiers condamnés pour des violences sur un homme menotté dans un commissariat parisien

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France: trois policiers condamnés pour des violences sur un homme menotté dans un commissariat parisien

Trois policiers du commissariat du 19ᵉ arrondissement de Paris ont été condamnés pour avoir violenté un homme de 22 ans placé en garde à vue en juillet 2024, puis rédigé un faux procès-verbal affirmant que celui-ci s’était blessé seul, selon une enquête publiée par le média français StreetPress.

Les faits, révélés notamment par des images de vidéosurveillance, montrent l’un des agents giflant le jeune homme alors qu’il est menotté à un banc. Plusieurs policiers assistent à la scène, certains semblant amusés, avant que la victime ne soit traînée de force vers une salle de fouille dépourvue de caméra. Aucun des agents impliqués n’avait activé sa caméra-piéton au moment des faits.

La présidente de la dixième chambre correctionnelle, Martine Timsit, a rappelé lors du jugement que « les personnes gardées à vue sont sous votre protection et votre sécurité », soulignant les obligations légales des forces de l’ordre envers les personnes privées de liberté.

Selon l’enquête, la scène se déroule le 28 juillet 2024 en fin de journée. Le jeune homme, identifié comme Ali H., placé en garde à vue après une altercation avec un automobiliste, attend d’être fouillé avant son placement en cellule. Les images montrent alors un policier s’approcher de lui, visiblement agacé, puis lui asséner une gifle alors qu’il est toujours menotté.
La situation dégénère ensuite : sous le regard d’au moins cinq autres policiers, l’agent multiplie les gestes d’intimidation tandis que le jeune homme, apeuré, se recroqueville pour se protéger. Personne n’intervient pour mettre fin à la scène. Peu après, Ali H. est tiré par le col puis entraîné de force vers la salle de fouille, où trois policiers s’enferment avec lui.

Moins de deux minutes plus tard, il en ressort en pleurs, le visage rouge et marqué par plusieurs hématomes. À nouveau menotté au banc, il proteste et dénonce les violences qu’il affirme avoir subies. Un examen médical réalisé le soir même constate plusieurs blessures au visage ainsi que des rougeurs au cou et aux poignets, entraînant quatre jours d’incapacité totale de travail.

Lors de l’enquête, les policiers impliqués ont nié toute violence dans la salle de fouille et maintenu la version figurant dans le procès-verbal : selon eux, le gardé à vue se serait infligé ses blessures en se jetant au sol et en se cognant contre des éléments du mobilier. Cette version a toutefois suscité des doutes devant le tribunal, notamment en raison des omissions relevées dans le rapport officiel.

Le procureur a estimé que la scène constituait « une scène unique de violences » impliquant plusieurs agents, soulignant que personne n’était intervenu pour protéger la victime alors que plusieurs policiers assistaient aux faits.
À l’issue du procès, l’auteur de la gifle, un policier de 36 ans identifié comme Jean-Michel G., a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer dans la police ou la gendarmerie pendant cinq ans. Deux autres agents ont écopé respectivement de quatre et six mois de prison avec sursis pour violences et faux en écriture publique, tandis qu’un quatrième policier poursuivi pour complicité a été relaxé au bénéfice du doute.

Selon le média d’investigation, les trois policiers restent présumés innocents dans l’attente d’un éventuel appel de la décision.