Utilisés pour soulager certains symptômes de la ménopause, les œstrogènes vaginaux pourraient être associés à un risque élevé d’infections urinaires chez les femmes opérées après une fracture de la hanche.
On le sait : la ménopause s’accompagne d’une baisse importante des hormones sexuelles produites par les ovaires. La diminution du taux d’œstrogènes entraîne un amincissement, un assèchement et une fragilisation des tissus du vagin et de l’urètre. Elle peut entraîner une sécheresse vaginale, des irritations, des douleurs pendant les rapports sexuels ou certains troubles urinaires. En outre, ce processus naturel facilite la pénétration de bactéries nocives dans l’urètre, qui peuvent ensuite migrer vers la vessie et favoriser la survenue d’infections urinaires.
Ménopause : davantage d’antécédents d’infections urinaires chez les utilisatrices d’œstrogènes vaginaux
Pour éviter cela, l’œstrogénothérapie locale, un traitement consistant à administrer des œstrogènes (sous forme de crème, d’ovule, de comprimé vaginal ou d’anneau vaginal) directement au niveau du vagin, peut être prescrite. « Les œstrogènes vaginaux permettent de restaurer et d’épaissir la muqueuse épithéliale du vagin et de l’urètre, tout en contribuant au rétablissement d’un microbiote vaginal sain. Cependant, leur rôle dans le contexte périopératoire n’avait pas encore été étudié », ont indiqué des chercheurs du Duke University Hospital à Durham (États-Unis). Dans une nouvelle recherche, ils se sont ainsi penchés sur la question en suivant 375 femmes ménopausées ayant subi une fracture de la hanche. Leur objectif : analyser l’utilisation des œstrogènes vaginaux et son lien avec les complications périopératoires, notamment les infections urinaires.
D’après les données, 8,8 % des participantes ont déclaré avoir utilisé des œstrogènes vaginaux en période périopératoire. Une grande majorité d’entre utilisaient ces traitements depuis au moins six semaines avant l’intervention chirurgicale. Au total, près de 26 % des volontaires ont présenté au moins une infection urinaire en période périopératoire et 28 ont souffert d’une infection urinaire en phase préopératoire. Chez près de 15 % des patientes recrutées, des antécédents d’infections urinaires récidivantes ont été observés. « Cette proportion était plus élevée chez les utilisatrices d’œstrogènes vaginaux que chez les non-utilisatrices (36,36 % contre 12,90 %). »
Les œstrogènes vaginaux sont liés à des complications périopératoires en cas de fracture de la hanche
Les résultats, présentés lors du congrès annuel 2026 de la Menopause Society qui se tient à San Diego du 20 au 24 octobre, montrent que le recours aux œstrogènes par voie vaginale est lié à un risque accru d’infection urinaire durant la période autour d’une intervention chirurgicale. Le risque était encore plus élevé chez les femmes présentant des antécédents d’infections urinaires récurrentes. En revanche, l’œstrogénothérapie locale n’était pas significativement associée aux autres complications périopératoires de fracture de la hanche, comme les consultations aux urgences, les réhospitalisations ou la mortalité dans l’année suivant l’intervention.
Les auteurs ont suggéré que des travaux complémentaires sont nécessaires afin d’évaluer plus précisément le rôle des œstrogènes vaginaux dans la prévention des infections urinaires périopératoires, « compte tenu de la morbidité et de la mortalité importantes associées aux fractures de la hanche et à ces infections. »




