La mort subite est, dans l’immense majorité des cas, liée à une cause cardiaque. Dans un entretien accordé à l’APS, le cardiologue Mbaye Paye alerte sur la nécessité de ne jamais banaliser certains malaises, qui peuvent parfois annoncer un accident cardiovasculaire grave.
Selon le spécialiste, 90 % des morts subites sont d’origine cardiaque et, dans plus de 80 % des cas, le mécanisme serait lié à un trouble du rythme ventriculaire. La mort subite correspond à un décès inattendu de cause naturelle survenant généralement dans l’heure qui suit l’apparition des premiers symptômes.
Le cardiologue souligne également qu’environ 20 % des syncopes, c’est-à-dire des pertes de connaissance brutales et temporaires, sont d’origine cardiaque. Elles peuvent être provoquées par différents troubles du rythme ou de la conduction du cœur, mais aussi par certaines maladies cardiaques ou cardio-pulmonaires.
Parmi les principales causes figurent notamment les arythmies, certaines cardiomyopathies, les maladies du système de conduction cardiaque ainsi que des syndromes héréditaires comme le syndrome du QT long ou le syndrome de Brugada. D’autres pathologies graves, telles que l’infarctus du myocarde, certaines valvulopathies, la dissection aortique, la péricardite, la tamponnade ou encore l’embolie pulmonaire, peuvent également provoquer une syncope.
Des signes d’alerte à ne pas négliger
Le spécialiste insiste toutefois sur une distinction importante : un malaise d’origine cardiaque ne conduit pas nécessairement à une mort subite. Une intervention médicale rapide et un traitement approprié peuvent permettre de sauver le patient.
Certains symptômes doivent néanmoins inciter à consulter rapidement. Il s’agit notamment des palpitations, douleurs thoraciques, essoufflement inhabituel, malaises ou pertes de connaissance, particulièrement lorsqu’ils surviennent pendant ou immédiatement après un effort physique.
Cette vigilance est d’autant plus importante chez les sportifs. Chez les personnes de moins de 35 ans, les morts subites sont souvent associées à des causes génétiques, notamment certaines cardiomyopathies. Après 35 ans, l’athérome coronaire devient une cause majeure.
Selon le profil du patient, plusieurs examens peuvent permettre d’identifier une anomalie cardiaque : électrocardiogramme, échocardiographie ou épreuve d’effort.
La chaîne de survie peut faire la différence
Pour le cardiologue Mbaye Paye, la prévention ne repose pas uniquement sur le dépistage. La rapidité de la réaction au moment de l’accident est également déterminante.
Il rappelle que la chaîne de survie repose sur quatre étapes essentielles : l’alerte rapide des secours, la réanimation cardio-pulmonaire, la défibrillation et, enfin, la prise en charge médicale spécialisée.
La défibrillation doit notamment être réalisée le plus rapidement possible lorsqu’un trouble du rythme ventriculaire est responsable de l’arrêt cardiaque. D’où l’importance, selon le spécialiste, de multiplier les défibrillateurs automatisés externes dans les lieux publics et de former davantage de citoyens aux gestes de premiers secours.
En définitive, le message du cardiologue est clair : un malaise, une douleur thoracique, des palpitations ou une perte de connaissance, surtout à l’effort, ne doivent jamais être considérés comme anodins. Face à ces signes, une évaluation médicale rapide peut permettre d’identifier une maladie cardiaque et, dans certains cas, de prévenir un drame.




