Le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz du Sénégal, affilié à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (Sntpgs/Fc), dénonce une application «biaisée» de la convention collective, qui viole le droit des travailleurs des stations d’essence. «L’application laisse en rade les personnels des stations-services en gérance directe dans toutes les sociétés concernées par cette situation. Par ailleurs, l’administration du travail retarde l’arrêté d’extension de la Convention collective du sous-secteur du transport des hydrocarbures depuis sa signature en 2021, créant ainsi une concurrence déloyale entre les sociétés de transport d’hydrocarbures qui appliquent et celles qui n’appliquent pas», s’insurge François André Diouf, Secrétaire général adjoint du Sntpgs/Fc, lors des Assises du Conseil exécutif national tenues samedi par le Sntpgs/Fc à Vivo Energy, rapporte le quotidien.
Dans la foulée, Sara Konaré, le Secrétaire général dudit syndicat, dénonce le fait que les majors prennent tout sur la chaîne de valeur, laissant les travailleurs des stations sans avantage, en violation de la convention collective. «On vient de sortir de ce Conseil syndical qui nous fait transiter sur quelques préoccupations du secteur qu’on a énumérées dans le texte liminaire pour faire la conférence de presse, parce qu’on a des problèmes pour lesquels l’autorité a été saisie, notamment l’intégration des pompiers en gérance directe. On a une convention collective qui, dans son premier préambule, dit que tous ceux qui sont attachés dans le cœur de métier devraient être dans la profession. Mais le constat qu’on fait, c’est que les majors, surtout de la profession, sont des grossistes… Ils prennent tout sur la chaîne de valeur. Ce qui n’est pas normal. Les travailleurs des stations sont des pères de famille ; soit ils les mettent dans la profession, soit ils libèrent les stations», souligne le patron du Sntpgs/Fc.
Les autorités, renseigne-t-il, ont été saisies des préoccupations des travailleurs du secteur du pétrole et du gaz pour que cette convention collective soit appliquée dans toute sa rigueur. La vétusté du quai 910, qui empêche le déchargement des produits pétroliers, a été aussi fustigée. Le conseil demande également la révision de la loi 98-31 du 14 avril-98 portant la libéralisation de l’activité de l’aval pétrolier qui donne libre accès aux investisseurs nationaux à l’importation du stockage, de la distribution et le raffinage des produits pétroliers.
Le conseil se félicite largement du bilan positif qui se résume à deux conventions collectives négociées et conclues, et un troisième pacte social sectoriel qui renforcera considérablement, selon les syndicalistes, le pouvoir d’achat des travailleurs du secteur pétrolier. En direction de leur prochaine Ag qui se profile à l’horizon, le syndicat porte la candidature de Cheikh Diop pour briguer un autre mandat à la tête de la Cnts/Fc. Ce dernier se dit honoré du choix porté par les travailleurs du syndicat et s’engage à défendre leurs intérêts une fois élu.




