Gouvernance de la Senelec : La Csts exprime ses inquiétudes face au projet de l’Exécutif

12:11
ECONOMIE
Gouvernance de la Senelec : La Csts exprime ses inquiétudes face au projet de l’Exécutif

Alors que le gouvernement a annoncé la tenue prochaine d’un Conseil interministériel sur la performance et la soutenabilité du secteur de l’électricité, la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (Csts) monte au créneau. Tout en affichant des résultats techniques et financiers historiques, le front syndical s’interroge sur les réelles motivations de l’Etat et réclame d’être associé aux décisions stratégiques.

Le climat social à la Senelec pourrait s’assombrir. Dans un communiqué publié le 12 mai 2026, la Csts (regroupant le Sutelec, le Sudeten, le Syntes et le Sycas) a réagi vivement aux instructions du Premier ministre visant à organiser une rencontre interministérielle sur la performance de l’entreprise nationale.
Pour les syndicalistes, l’initiative gouvernementale est paradoxale au regard de la santé actuelle de la Senelec. La Csts brandit un bilan qu’elle qualifie d’exceptionnel pour l’année 2025 : le rendement global est passé de 81, 2% en 2024 à 83, 1% en 2025. Malgré une baisse des tarifs imposée par l’Etat ayant coûté 18 milliards de F Cfa à l’entreprise, la Senelec affiche un bénéfice estimé à plusieurs dizaines de milliards de F Cfa. Elle rappelle que le Sénégal dispose désormais d’une capacité de production supérieure à la demande nationale, lui permettant d’exporter de l’électricité vers la Gambie et la Guinée Conakry, et que la mise en service de la boucle 225 kV et la réduction drastique de l’Energie non distribuée (End) ont permis d’atteindre un temps moyen de coupure historiquement bas.
Le syndicat souligne également la résilience du réseau face à la crise énergétique mondiale, notant l’absence de délestages au Sénégal contrairement à d’autres pays du West African Power Pool. Avec un taux de pertes (techniques et non techniques) limité à 16, 9% en 2025, la Senelec se hisse désormais au niveau des meilleures sociétés de la sous-région telles que celles de la Côte d’Ivoire, du Ghana ou du Nigeria.

Un appel à une gouvernance inclusive
Face à ce qu’elle considère comme une «dynamique vertueuse», la Csts craint que des décisions hâtives ne viennent fragiliser l’entreprise. Elle alerte les pouvoirs publics sur les «risques de dérive» si les partenaires sociaux sont écartés des réflexions stratégiques. «La Csts réaffirme son attachement à une gouvernance inclusive, transparente et concertée, seule garante de la préservation des acquis de la Senelec», martèle le communiqué.
Alors que le ministre de l’Energie et ses homologues des Finances et de l’Economie s’attellent à préparer ce Conseil interministériel, la pression syndicale s’accentue pour que les travailleurs soient entendus dans ce chantier de réforme du secteur de l’électricité.