La faim le pousse à voler 1 500 FCfa : un cuisinier d’hôtel devant la justice

13:09
Actu_ExpressFAITS DIVERS
La faim le pousse à voler 1 500 FCfa : un cuisinier d’hôtel devant la justice

S. K. (24 ans), cuisinier à l’hôtel «Parc Exotique» de Nguérigne Bambara, a été condamné à deux ans de prison assortis du sursis pour avoir volé 1 500 FCfa dans le sac d’un collègue. Affamé, il affirme avoir agi parce que le règlement de l’hôtel interdit aux cuisiniers de manger les plats qu’ils préparent.

À 24 ans, S. Kane, cuisinier à l’hôtel «Parc Exotique» de Nguérigne Bambara, dans le département de Mbour, a été jugé pour avoir volé la somme de 1 500 FCfa dans le sac d’un collègue. La raison ? «J’avais faim. Je n’avais pas de quoi manger», a-t-il confié, dans des propos repris par l’hôtel. Le 6 juillet 2026, aux environs de dix-sept heures, S. Kane termine son service. Il ferme la porte de sa cuisine, prend congé de ses collègues et s’apprête à rentrer chez lui. Mais avant de quitter les lieux, le jeune homme profite d’un moment d’absence de l’agent M. Cissé. Il plonge la main dans le sac à dos de ce dernier et en soutire 1 500 FCfa, soigneusement rangés dans l’une des poches.

Alors qu’il se dirige vers la sortie, M. Cissé vérifie son sac et constate la disparition de son argent. Il alerte aussitôt le Directeur d’exploitation de l’hôtel. Ce dernier demande aux agents de sécurité de contrôler les affaires du cuisinier avant qu’il ne quitte l’établissement. S. Kane est trouvé en possession de ladite somme. «C’est mon argent», proteste-t-il d’abord. Ce qu’il ignore, c’est que ses employeurs lui ont tendu un piège. Confrontés depuis plusieurs semaines à des vols à répétition dans l’hôtel, le Directeur général et M. Cissé avaient mis au point un stratagème quelques heures plus tôt. Ils ont photographié les numéros de série d’un billet de 1 000 FCfa appartenant au directeur et d’un billet de 500 FCfa appartenant à M. Cissé.

Les deux billets ont ensuite été placés dans le sac de ce dernier. Le piège est prêt. Lorsque le cuisinier est contrôlé à la sortie, les agents confrontent les billets trouvés sur lui aux photographies des numéros de série. Atterré, pris en flagrant délit, S. Kane passe aux aveux. Il reconnaît avoir volé les 1 500 FCfa dans le sac de son collègue. Il est remis aux forces de l’ordre et placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour.

Jeudi dernier, à la barre, les différentes parties livrent leur version. Le directeur de l’exploitation et M. Cissé racontent, par le menu, le piège qui a conduit à l’arrestation du cuisinier. M. Cissé révèle que ce n’est pas la première fois qu’il est victime de vol. «J’ai successivement perdu 1 000 FCfa, 200 FCfa et 1 500 FCfa», énumère-t-il. Il réclame 500 000 FCfa de dommages et intérêts. Prenant la parole, S. Kane reconnaît tout. .Mais il se confond en excuses et implore la clémence. «Si j’ai volé cet argent, c’est parce que j’avais faim. Je n’avais rien à manger», explique-t-il. Et de révéler une règle absurde : dans l’hôtel où il travaille, il est formellement interdit aux cuisiniers de toucher aux plats qu’ils préparent eux-mêmes. Le Procureur requiert l’application de la loi. Le tribunal reconnaît le jeune homme coupable et le condamne à deux ans de prison assortis du sursis. La partie civile, qui refuse d’accorder son pardon, recevra 50 000 FCfa de dommages et intérêts.