Un faux agent de l’ambassade de France arrêté pour arnaque au visa

13:09
FAITS DIVERS
Un faux agent de l’ambassade de France arrêté pour arnaque au visa

Deux hommes, dont un usurpant la qualité d’agent de l’ambassade de France, ont été jugés devant le tribunal de grande instance de Mbour pour escroquerie au visa.

Tout commence en décembre dernier, lorsque A. Dione, présenté comme le cerveau de l’opération, s’associe avec une commerçante, Mb. Pouye, membre de son réseau actif sur la Petite-Côte. Ensemble, relate L’OBS repris par Pulse , ils ficellent un projet de voyage pour la France et l’Italie destiné à des candidats à l’émigration. La commerçante se charge du recrutement. Sans tarder, elle empoche la somme de 37 millions FCfa auprès d’une dizaine de candidats installés sur la station balnéaire. Mb. Pouye ne s’arrête pas en si bon chemin.

Une arnaque à 55 millions FCFA

D’après toujours le récit de L’OBS, elle s’ouvre du projet à F. Bâ, une surveillante d’un institut d’éducation de Thiès. Cette dernière collecte à son tour 7 millions FCFA auprès de deux candidats résidant dans la région de Tambacounda. Ensemble, les deux dames remettent à leur collaborateur, A. Dione, un montant de 44 millions de FCFA. Parallèlement, A. Kébé, un autre recruteur et proche collaborateur de Dione, lui verse 11 millions FCfa. Cette somme provient de candidats établis entre Mbour et Dakar qui ont déjà payé pour l’obtention de leurs visas. Au total, A. Dione empoche 55 millions FCfa des mains de ses trois collaborateurs.

Le modus operandi d’une escroquerie

Etape suivante, Dione présente à ses victimes son ami I. Bâ comme un agent de l’ambassade de France. Il leur promet que ce dernier leur livrera leurs visas dans un bref délai, selon la destination de chacun (France ou Italie). Les candidats, pleins de confiance, se rendent en Mauritanie où ils doivent prendre leur vol vers l’Europe. Ils y séjournent plusieurs semaines. Pendant tout ce temps, ils restent sans aucune nouvelle de leur convoyeur, A. Dione. Aucun visa ne leur est délivré. Après des mois de galère, les candidats décident de retourner au Sénégal. Ils déposent une plainte contre la commerçante Mb. Pouye et la surveillante F. Bâ. Les deux sont arrêtées, puis placées en détention à la prison de Mbour. Elles sont jugées et reconnues coupables du délit d’escroquerie. Condamnées à rembourser à leurs victimes l’intégralité des 44 millions FCFA, elles sont ensuite élargies.

A la barre du tribunal de grande instance de Mbour, ce mardi, les deux mis en cause se sont mutuellement accusés. I. Bâ, le faux agent de l’ambassade, a expliqué son rôle. Après chaque recrutement de candidats par F. Bâ et Mb. Pouye, il est chargé du montage des dossiers. Il précise facturer 300 000 FCFA par voyageur. Mais c’est son «assistant», A. Dione, qui empoche la totalité de l’argent, étant, selon lui, le «cerveau du réseau» et le principal organisateur. I. Ba a également dévoilé son subterfuge pour obtenir les visas. Il confie au juge qu’en dehors des rendez-vous qu’il «achète» à 500 000 FCfa au niveau de l’ambassade, il confectionnait ensuite sur instruction d’A. Dione, de faux contrats de travail, de faux bulletins de salaire et de faux certificats médicaux. Des documents frauduleux qu’A. Dione remet ensuite à ses clients pour les besoins de leur voyage.

Les mis en cause fixés le 14 avril

Le procureur de la République, selon qui, la culpabilité des mis en cause est indéniable, a requis 4 ans d’emprisonnement ferme contre A. Dione, le cerveau de la bande, et 3 ans d’emprisonnement ferme contre I. Bâ, pour complicité. Les parties civiles ont réclamé le remboursement intégral des 55 millions FCfa; des dommages et intérêts : 15 millions pour A. Kébé, 10 millions pour F. Bâ, 5 millions pour Mb. Pouye. Le tribunal a fixé le délibéré au 14 avril prochain.