Le président d’Africa Without Borders a lancé un appel à la mobilisation de la jeunesse africaine. « La jeunesse africaine représente la plus grande richesse du continent », a-t-il déclaré
Le 30 mai 2026, Istanbul a accueilli la Journée de l’Afrique organisée par Africa Without Borders, un rendez-vous placé cette année sous le thème « Ujima : des perspectives continentales aux ambitions globales ». Dans une atmosphère mêlant réflexion, échanges culturels et expressions artistiques, près de 1 000 participants issus de la diaspora africaine, du milieu académique, diplomatique et associatif se sont réunis pour célébrer le continent et interroger ses perspectives d’avenir.
Entre panels de discussion, performances culturelles et découvertes gastronomiques, l’événement a mis en avant une dynamique collective portée par la jeunesse africaine, avec un message central : la nécessité de renforcer la solidarité et la responsabilité partagée pour construire des ambitions communes.
Dans une interview accordée en marge de la célébration, le président de l’organisation, M. Moussa Hissein Moussa, a présenté Africa Without Borders comme « une organisation internationale de jeunesse panafricaine qui œuvre à la promotion de l’unité africaine, du leadership, de la coopération transfrontalière et du développement des capacités socioprofessionnelles des jeunes Africains ».
Il a souligné la vocation de l’organisation à dépasser les frontières nationales. « Les défis du continent dépassent les frontières héritées de l’histoire et nécessitent des réponses collectives », a-t-il affirmé, ajoutant que l’initiative rassemble « des jeunes, des universitaires, des professionnels, des diplomates et des acteurs de la société civile afin de réfléchir ensemble et d’agir ensemble pour l’avenir de l’Afrique ». Selon lui, l’organisation est aujourd’hui présente dans « plus de trente pays africains ainsi qu’au sein de plusieurs communautés de la diaspora, notamment en Türkiye, en France et aux États-Unis ».
Revenant sur la Journée de l’Afrique, M. Moussa a insisté sur sa dimension symbolique et politique. « L’Afrique n’est pas seulement un espace géographique. C’est une conscience, une identité et une manière de voir le monde », a-t-il déclaré, estimant que cette célébration constitue « un moment de mémoire collective » permettant de renforcer la solidarité et de repenser les perspectives communes du continent.
Évoquant la participation de la diaspora, il a mis en avant une mobilisation importante. « Près de mille personnes ont pris part aux différentes activités organisées », a-t-il indiqué, saluant la diversité des participants, entre diplomates, étudiants, universitaires et représentants associatifs africains et turcs.
Concernant les relations avec les institutions locales en Türkiye, le président d’Africa Without Borders a fait état d’un climat favorable. « Nous avons toujours constaté une attitude positive et constructive de la part des institutions locales et universitaires en Türkiye », a-t-il déclaré, estimant que cet environnement contribue au renforcement du dialogue interculturel.
Abordant les philosophies africaines choisies comme thèmes des éditions successives, il a rappelé leur portée universelle. « Ubuntu nous rappelle que notre humanité est intimement liée à celle des autres », a-t-il expliqué, tandis que « Sankofa nous enseigne qu’il est nécessaire de se tourner vers le passé pour mieux construire l’avenir ». Cette année, le thème Ujima met l’accent sur « la responsabilité collective et le travail commun ».
Enfin, M. Moussa a présenté la Vision 2030 de l’organisation comme une feuille de route stratégique. Celle-ci vise à « construire un réseau panafricain international capable de connecter la jeunesse africaine du continent et de la diaspora autour de projets concrets, durables et à fort impact ». Il a également évoqué la création de l’AWB Journal et de l’AWB Youth Diplomacy School, destinés à renforcer la production intellectuelle et la formation des futurs leaders africains.
Le président d’Africa Without Borders a lancé un appel à la mobilisation de la jeunesse africaine. « La jeunesse africaine représente la plus grande richesse du continent », a-t-il déclaré, estimant que « lorsqu’elle est formée, organisée et connectée, elle devient une force de transformation exceptionnelle ».
La Türkiye compte une importante diaspora étudiante africaine, estimée à près de 60 000 étudiants, sans compter les travailleurs et autres membres de la diaspora. Chaque mois de mai, cette communauté se mobilise de manière particulière, notamment à l’occasion de la Journée de l’Afrique, devenue un rendez-vous annuel incontournable.
À travers ces célébrations, les différentes communautés africaines se rassemblent non seulement pour commémorer cette journée, mais aussi pour réaffirmer leur engagement envers le continent. Toutefois, certains spécialistes estiment que ces dynamiques devraient aller au-delà de la dimension symbolique.
L’analyste politique Abdul Fathi Sanogo souligne notamment que les gouvernements africains doivent davantage soutenir leur diaspora, en ne la considérant pas uniquement comme une source de transferts économiques. Selon lui, il est essentiel de mieux valoriser son potentiel intellectuel et ses compétences.
Il déclare : « Les gouvernements africains ne doivent pas voir leur diaspora seulement comme des chiffres ou des contributeurs au développement économique, mais comprendre comment exploiter aussi leur capital intellectuel et leurs compétences. »




