Jean-Luc Mélenchon nouveau candidat pour 2027

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INTERNATIONAL
Jean-Luc Mélenchon nouveau candidat pour 2027

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé sa candidature aux prochaines élections présidentielles de 2027. Le candidat insoumis affirme être « le mieux préparé » pour faire « face à la situation qui arrive ».

Malgré sa promesse de laisser sa place après les dernières élections présidentielles de 2022, et l’émergence de nouvelles personnalités dans son parti, le leader des Insoumis a officialisé sa candidature dimanche 3 mai aux prochaines élections présidentielles de 2027. Jean-Luc Mélenchon n’a donc trouvé personne pour « faire mieux » en 2027. Le candidat âgé de 74 ans, à un peu moins d’un an de l’échéance, a déclaré sa quatrième candidature à la présidentielle 2027, après avoir été approuvée plus tôt dans la journée par les élus de son mouvement politique. « Nous, c’est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a estimé la figure principale de LFI, affirmant ensuite être « le mieux préparé » dans son camp « pour faire face à la situation qui arrive ».

Jordan Bardella, le principal rival de 2027 ?

« Nous entrons dans une saison très agitée de l’histoire du monde. Nous sommes menacés d’une guerre généralisée, nous sommes menacés par un changement spectaculaire du climat, et puis nous avons une crise économique et sociale qui s’avance », a-t-il déclaré, alors que la France doit élire son prochain président dans un contexte tendu à l’horizon 2027. À la dernière élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon n’était pas parvenu à se hisser au second tour de la présidentielle à 420 000 voix près, il avait rassemblé 22 % des suffrages. Le leader LFI est arrivé en troisième place du premier tour, très largement en tête à gauche de l’échiquier politique.

La question à présent pour l’année prochaine est donc de savoir si cette figure de la gauche radicale pourra bénéficier d’un vote plus large des électeurs de gauche qui souhaitent que leur famille politique soit représentée au second tour. Selon Jean-Luc Mélenchon, son « adversaire principal » pour ces prochaines élections présidentielles devrait être celui qui se présentera du côté du RN. Marine Le Pen pourrait l’être, sauf en cas de confirmation de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics. Auquel cas, le président du RN, Jordan Bardella, sera le grand rival de Jean-Luc Mélenchon qui affirmait néanmoins sur le plateau de TF1 « ne pas croire » à la présence du parti d’extrême droite au second tour. « Je pense que nous allons les battre à plate couture », a-t-il notamment insisté.

Jean-Luc Mélenchon désigné à l’unanimité

Les élus insoumis étaient réunis plus tôt dans la journée de dimanche pour désigner le candidat du mouvement de la France insoumise pour 2027. Le nom du fondateur du parti a été proposé par la direction insoumise à son intergroupe parlementaire, qui comprend des députés, eurodéputés, maires et une centaine d’élus.

« J’ai demandé au nom de la direction du mouvement s’il y avait une autre candidature, il n’y en avait pas. Aucune opposition ne s’est exprimée à la candidature de Jean-Luc Mélenchon », a fait savoir à l’AFP le coordinateur de LFI, Manuel Bompard. Pour être accepté en tant que candidat à la prochaine élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon doit encore récolter comme en 2022, 150 000 parrainages citoyens. 

À douze mois du scrutin, dans un sondage Toluna Harris Interactive pour RTL et M6, le patron insoumis se glisse à hauteur de 12 à 13 % des intentions de vote selon les Français sondés, loin derrière Jordan Bardella ou Marine Le Pen qui affichent des scores allant jusqu’à 35 % des intentions de vote. 

Une ligne tracée dans un flou constant à gauche ?

La première prise de parole de Jean-Luc Mélenchon après l’annonce de sa candidature concernera les « nouveaux médias numériques » lors d’une conférence de presse mercredi 6 mai, date à laquelle ne sont pas conviés les médias et chaînes d’information traditionnels. Le lendemain, le candidat LFI prévoit également un premier grand meeting à Saint-Denis, ville qui a été conquise aux dernières municipales par un candidat LFI, Bally Bagayoko. Le maire de Saint-Denis, qui a par ailleurs fait parler de lui ces derniers mois, victime d’une vague de racisme et symbole de la « Nouvelle France » promue par le parti de gauche radicale.

Depuis la présidentielle de 2022 lorsqu’il avait déclaré « faites mieux » à un regroupement le soir de son élimination au premier tour, le fondateur de LFI n’avait cessé de répéter qu’il voulait être remplacé. Et même si une génération de nouveaux cadres a bien émergé au sein de son parti, aucun d’entre eux n’est parvenu à avoir un meilleur statut présidentiable. D’autant plus que certains ont depuis quitté le mouvement, notamment lors des législatives de 2024, comme François Ruffin ou Clémentine Autain.

Depuis une dizaine d’années, Jean-Luc Mélenchon ne cesse d’intervenir dans les débats publics, via ses réseaux sociaux plus récemment ou encore via ses prises de parole et son implication dans les campagnes européennes et législatives de 2024, ou dernièrement pour les élections municipales de 2026. Face à une gauche fragmentée et sans réelle ligne de conduite à un an des présidentielles, les Insoumis s’imposent dans l’échiquier et ne souhaitent pas entendre parler d’une primaire à gauche. « Vous n’êtes pas sérieux. On a moins d’un an et vous ne savez même pas quel est votre programme, ni quel est votre candidat », a notamment lancé le leader insoumis sur Brut dans la soirée de dimanche après son annonce.