Hery Djehuty, coordinateur international et n°2 de l’ONG « Urgences Panafricanistes », dément les informations annonçant que Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba, a introduit une demande d’asile en Afrique du Sud.
Contacté par Anadolu, Djehuty a précisé que c’est l’un des avocats qui défendent Kemi Seba qui a fait une déclaration dans ce sens à l’issue de l’audience du 20 avril 2026 devant le tribunal de première instance de Prétoria en Afrique du Sud.
« On n’est pas encore à l’heure de faire une demande d’asile, aucun choix n’a été arrêté. Je profite de l’occasion pour infirmer cela », a précisé Hery Djehuty.
Il informe que l’avocat concerné a été immédiatement révoqué après cette annonce. Le coordinateur international d’Urgences Panafricanistes signale qu’une telle option ne peut être faite avant l’audience du 29 avril. « On déposera nos recommandations et nos volontés au niveau juridique à travers nos avocats, on ne va aucunement en parler via la presse », a-t-il insisté.
Kemi Seba arrêté et détenu en Afrique du Sud depuis le 13 avril dernier a fait une première comparution devant le Tribunal de Première Instance de Pretoria le 20 avril et doit se présenter à nouveau le 29 avril.
Figure du panafricanisme, il a été appréhendé en compagnie de son fils Khonsou Seba Capo Chichi et du sud-africain François Van de Merwe. Ils sont poursuivis pour tentative d’immigration illégale.
Selon la police sud-africaine, ils essayaient de passer clandestinement la frontière pour se retrouver au Zimbabwe. François Van de Merwe serait le passeur qui devait organiser le voyage moyennant de l’argent.
Dans la foulée de l’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud, le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme au Bénin (Criet) a annoncé que la justice béninoise va introduire une demande d’extradition contre le leader panafricaniste qui est visé par deux mandats d’arrêt.
L’un émis en juin 2025 pour blanchiment de capitaux et l’autre après le putsch déjoué du 07 décembre 2025 contre le président Patrice Talon. Là, il est poursuivi pour apologie de crime ainsi que l’incitation à la haine et à la violence. Kemi Seba a fait une vidéo de soutien aux mutins le jour du putsch déjoué.
Concernant la demande d’extradition, Hery Djehuty a confié à Anadolu, que cette procédure est vouée à l’échec. Pour lui, le dossier présenté par la justice béninoise est vide et ne peut convaincre la justice sud-africaine.
« La stratégie de la partie adverse, c’est d’accumuler des accusations pour essayer d’arriver devant les juridictions sud-africaines avec un dossier de poids en disant qu’il a fait l’apologie d’un coup d’état et qu’il a aussi fait des magouilles économiques donc, de le renvoyer au Bénin pour qu’on le juge. Rien de cela ne résistera à l’épreuve des faits », assure Hery Djehuti.
Djehuty signale aussi avoir découvert le mandat pour blanchiment de capitaux lors du point de presse du procureur spécial de la Criet. « On nous parle d’un mandat d’arrêt pour blanchiment de capitaux qui aurait été lancé en juin 2025. Pensez-vous sérieusement une seule seconde qu’une telle accusation, si elle avait été avérée, si elle avait été fondée, il n’y aurait pas eu de communication préalable ? », s’interroge le n°2 d’Urgences Panafricaniste.
Il cite en exemple l’emballement médiatique qu’il y avait eu autour du mandat d’arrêt contre Kemi Seba après le putsch manqué de décembre 2025 au Bénin.
Pour Hery Djehouty, ce mandat d’arrêt pour blanchiment de capitaux, n’est qu’un coup monté pour crédibiliser la demande d’extradition de Kemi Seba. « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Le crime de lèse-majesté de Kemi Seba, c’est de contester la gouvernance de Patrice Talon, et donc que fait-on ? Quand on ne peut pas affronter quelqu’un sur le plan des idées, on criminalise ses idées », affirme le plus proche collaborateur de Seba.
Dans son entretien avec Anadolu, Hery Djehuty assure que Kemi Seba vit l’épreuve qu’il traverse en Afrique du Sud, la tête haute.
« J’ai eu l’occasion de le voir à l’issue de l’audience du 20 avril et j’ai reconnu le président notre ONG avec le même tempérament, le même caractère, la même détermination », a rapporté le coordinateur international d’Urgences Panafricanistes.




