L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a officiellement pris la direction d’une nouvelle coalition politico-militaire dénommée le Front pour la refondation de la nation (FRN). L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse ce lundi 12 octobre 2026 organisée à Goma, grande ville de l’Est de la RDC, sous contrôle de l’AFC-M23 depuis janvier 2025.
Cette nouvelle structure absorbe et acte la dissolution immédiate de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) ainsi que du mouvement rebelle Mouvement du 23 Mars (M23), selon les informations communiquées lors de cette annonce.
D’après l’organigramme présenté dans cette communication, Joseph Kabila assurera la direction du mouvement. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, deux figures de l’ancienne coalition, occupent les fonctions de vice-présidents au sein de la nouvelle structure rebelle, tandisque le général-major Sultani Makenga est présenté comme chef militaire, avec rang de vice-président.
L’annonce du FRN intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans l’est de la RDC, où l’AFC/M23 affronte les forces gouvernementales congolaises et contrôle plusieurs zones, notamment Goma et Bukavu, prises par le mouvement en janvier et février 2025.
Cette annonce survient trois jours après une adresse à la nation de Joseph Kabila, diffusée le 9 octobre 2026. Dans ce discours, l’ancien chef de l’État avait alerté sur la situation du pays, déclarant que « le Congo est en péril », et annoncé son intention de présenter, dans les heures et les semaines suivantes, sa vision des mesures à prendre face à la crise.
Cette officialisation confirme les soupçons récurrents des services de renseignement congolais et s’inscrit dans la lignée des récents rapports des experts des Nations unies, qui pointaient déjà du doigt des connexions politiques souterraines.
Le gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette annonce.
Un accord signé en décembre par Kinshasa et Kigali, sous l’égide de Washington, n’a pas eu d’effet concret sur le terrain. Parallèlement en juillet 2025, Kinshasa et le M23 se sont engagés, dans le cadre d’une médiation qatarie, à un cessez-le-feu qui n’est toutefois pas respecté.




