La Commune de l’île de Gorée et MYRT : Martinique Yole Ronde Trans-Manche organisent les jeudi 21 et vendredi 22 mai 2026, les Journées de commémoration de l’Abolition de l’Esclavage et du cinquantenaire de la rencontre entre Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire. L’événement entend rappeler l’importance du devoir de mémoire, tout en interrogeant l’actualité de la pensée de la Négritude face aux défis contemporains.
L ’île de Gorée s’apprête à accueillir une importante rencontre mémorielle et culturelle autour de l’histoire des peuples noirs et du dialogue entre l’Afrique et la Caraïbe. À l’initiative de la Commune de Gorée et de MYRT : Martinique Yole Ronde Trans-Manche, les Journées de commémoration de l’Abolition de l’Esclavage et du cinquantenaire de la rencontre entre Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire ambitionnent de faire de ce rendez-vous un moment de réflexion, de transmission et de célébration culturelle.
Considérée comme l’un des symboles les plus forts de la mémoire de la traite transatlantique, l’île de Gorée représente à la fois « le souvenir des blessures du passé » et la « nécessité de construire des ponts entre les peuples, les cultures et les générations ».
À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent réaffirmer la place de Gorée comme espace universel de mémoire, de dialogue et de réconciliation. Le programme s’annonce riche et symbolique. Les participants prendront part à une visite guidée de l’île avant une procession maritime vers la Porte du Retour, hautement chargée de sens pour les diasporas africaines. Une Nuit culturelle du Retour mettra ensuite en lumière les expressions artistiques et patrimoniales issues des mondes africains et afrodescendants. L’un des temps forts de cette commémoration sera la conférence organisée au Centre socio-culturel Boubacar Joseph Ndiaye autour du thème : « Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, 50 ans après : l’identité nègre face au défi de l’enracinement et de l’ouverture ». Cette rencontre entend revisiter l’héritage intellectuel et politique des deux figures majeures de la Négritude dans un contexte mondial marqué par les crises identitaires, les tensions raciales et les effets uniformisants de la mondialisation.
En effet, pour les organisateurs, la rencontre entre les deux hommes dépasse le simple échange intellectuel. «Elle incarne la convergence de deux trajectoires, de deux espaces géographiques, l’Afrique et la Caraïbe, et d’une même ambition de réhabilitation de l’homme noir dans l’histoire universelle », lit-on dans le communiqué.
À travers la Négritude, Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire ont porté une vision fondée sur la dignité, la valorisation des cultures noires et le dialogue des civilisations. Les échanges per mettront ainsi de revisiter les notions « d’enracinement » et « d’ouverture » développées par Senghor et Césaire. L’enracinement, selon cette approche, renvoie à la fidélité aux valeurs culturelles et historiques africaines, tandis que l’ouverture appelle à une reconnaissance féconde de l’altérité et à une participation active à l’universel. Au-delà de la réflexion académique, les organisateurs souhaitent faire de cette initiative un espace de transmission intergénérationnelle et de coopération culturelle entre l’Afrique, la Caraïbe et les diasporas. L’objectif affiché est aussi de sensibiliser les jeunes générations aux enjeux liés à la mémoire de l’esclavage, à l’identité culturelle et à la coexistence des peuples.




