Nouveau parti présidentiel : Aminata Touré défend le projet, répond à Sonko et confirme la tenue d’un référendum

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Nouveau parti présidentiel : Aminata Touré défend le projet, répond à Sonko et confirme la tenue d’un référendum

Chargée de piloter la mise en place du futur parti du président Bassirou Diomaye Faye, Aminata Touré a détaillé les contours de cette nouvelle formation politique dans un entretien accordé au Journal L’Obs. Elle y revient également sur la place des maires au sein de la majorité, répond aux critiques de l’Alliance pour la République (APR) et réagit aux déclarations de Ousmane Sonko concernant le référendum annoncé sur la révision constitutionnelle.

Une task force pour structurer le futur parti présidentiel

À la tête de la task force chargée de préparer la création du nouveau parti, Aminata Touré présente cette mission comme le prolongement de son engagement au sein de la Coalition Diomaye Président.

Elle explique que l’ensemble des responsables de la coalition, ainsi que les superviseurs généraux adjoints, participeront à la rédaction des textes fondateurs et à la définition des principales orientations de la future formation. L’objectif est de transformer l’actuelle coalition en une organisation politique plus structurée, mieux implantée sur le territoire et capable d’accompagner durablement l’action du chef de l’État.

Une continuité politique plutôt qu’une rupture

Si le futur parti est présenté comme une « page blanche », Aminata Touré précise qu’il ne s’agira pas d’une rupture idéologique. Selon elle, la nouvelle formation s’inscrira dans la continuité des valeurs défendues par la Coalition Diomaye Président, notamment le renforcement de la démocratie, la bonne gouvernance, la prospérité partagée ainsi que la promotion du dialogue et du consensus.

Elle indique par ailleurs que le nom, les couleurs, l’emblème et les autres éléments identitaires du parti seront définis de manière concertée avec les quelque 500 organisations et partis membres de la coalition.

Les maires, un levier pour renforcer l’ancrage territorial

Pour Aminata Touré, la priorité reste l’implantation de la majorité sur l’ensemble du territoire avant toute réflexion sur les investitures.

Elle souligne que plusieurs maires collaborent déjà avec la coalition et rappelle leur contribution lors des dernières élections législatives, affirmant que leur engagement a permis à la majorité de conquérir des départements comme Fatick, Dagana et Bakel.

À ses yeux, ces élus locaux constituent un atout majeur dans la consolidation de la majorité présidentielle.

Une réponse aux critiques de l’APR

Réagissant aux accusations de l’Alliance pour la République, qui estime que certains maires auraient été conviés au Palais de la République sous couvert d’une rencontre institutionnelle, Aminata Touré rejette cette lecture.

Elle affirme que seuls les maires appartenant à la coalition avaient été invités et dénonce ce qu’elle qualifie de « manque de respect » à l’égard d’élus assumant pleinement leur engagement politique auprès du président Bassirou Diomaye Faye.

Elle rappelle également qu’en 2012, le président Macky Sall avait lui aussi progressivement élargi sa majorité grâce au ralliement de plusieurs élus locaux.

Le Palais de la République, un lieu de rencontres politiques

Concernant les critiques portant sur l’organisation d’une rencontre politique au Palais de la République, Aminata Touré assume pleinement cette démarche.

Selon elle, la résidence officielle du président est également un lieu où celui-ci reçoit des partenaires politiques et mène diverses activités, estimant qu’il n’y a aucune contradiction à y organiser ce type de réunion.

Elle considère par ailleurs que l’idée d’un président sans véritable appareil politique, si elle pouvait paraître séduisante, s’est révélée difficile à mettre en œuvre dans la pratique.

Rationaliser le paysage politique

Au sujet des réformes destinées à encadrer davantage la création des partis politiques, Aminata Touré estime que le futur parti présidentiel s’inscrit dans cette logique de rationalisation.

Elle défend la constitution de grands blocs politiques capables de regrouper plusieurs formations existantes afin de rendre le paysage politique plus lisible.

« Le référendum aura lieu »

Interrogée sur les critiques formulées par Ousmane Sonko, qui aurait qualifié la création du futur parti de « distraction politique » tout en s’interrogeant sur le calendrier du référendum constitutionnel, Aminata Touré se montre catégorique.

« Le référendum aura lieu et il le sait bien », affirme-t-elle.

Elle estime qu’une réforme institutionnelle de cette ampleur ne peut être décidée par la seule majorité parlementaire et défend le recours au peuple sénégalais à travers un référendum.

Pour appuyer son argumentation, elle rappelle les résultats obtenus par la majorité lors des dernières élections, estimant qu’ils ne sauraient, à eux seuls, justifier une modification de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire.

« Nous sommes restés loyaux »

Aminata Touré rejette enfin les accusations selon lesquelles elle aurait contribué, avec le Dr Abdourahmane Diouf, à éloigner politiquement Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Elle assure que la Coalition Diomaye Président est demeurée fidèle à son engagement initial : soutenir l’élection de Bassirou Diomaye Faye puis accompagner la mise en œuvre de son programme.

Selon elle, ceux qui ont appelé à voter pour le président doivent également lui permettre de gouverner dans de bonnes conditions.

Objectif : consolider la majorité avant les municipales

Au-delà de la création du futur parti, Aminata Touré fixe un objectif clair : doter le président d’une organisation politique solidement implantée dans toutes les régions du Sénégal, capable de défendre son action et de préparer les prochaines élections municipales.

Elle souligne toutefois que la priorité du pouvoir demeure la réponse aux attentes des Sénégalais sur les plans économique et social, estimant que la structuration politique doit avant tout servir l’efficacité de l’action publique.