Vous êtes hypersensible ? Ce n’est peut-être pas ce que vous croyez

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BIEN ÊTRESANTE
Vous êtes hypersensible ? Ce n’est peut-être pas ce que vous croyez

Être hypersensible, est-ce ressentir plus fortement tout ce qui nous entoure ? Une étude remet en question cette idée : notre sensibilité serait davantage liée aux interactions sociales et au sentiment de sécurité qu’au bruit ou au contexte environnemental.

Un bruit agaçant, une odeur désagréable ou une chaleur étouffante : les personnes hypersensibles sont-elles plus affectées que les autres par ces désagréments du quotidien ? Pas nécessairement. C’est ce que suggère une étude publiée dans le Journal of Environmental Psychology, menée par des chercheurs de l’Université de l’État de Washington (WSU), aux États-Unis.

Hypersensible à l’environnement, mais lequel ?

Les scientifiques se sont intéressés à la sensibilité environnementale, un trait de personnalité associé à une réaction plus intense aux expériences positives comme négatives. Les personnes concernées peuvent être particulièrement affectées par le stress et l’adversité, mais aussi profiter davantage des relations sociales bienveillantes.

Pour Kim Meidenbauer, professeure de psychologie à la WSU et autrice principale des travaux, c’est plutôt rassurant : « Vous n’allez pas nécessairement avoir une réaction émotionnelle plus forte à toutes les composantes de votre environnement », relève-t-elle dans un communiqué. En effet, selon l’experte, cette sensibilité semble davantage concerner les environnements sociaux que physiques.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe a analysé plus de 3.800 questionnaires remplis par des habitants de Chicago. Grâce à une application sur smartphone, les participants décrivaient leurs émotions et évaluaient les conditions rencontrées dans les rues et les parcs.

Quand l’ambiance d’un lieu change tout

Résultat : chez les personnes les plus sensibles, le sentiment de sécurité, l’ordre des lieux et les interactions amicales étaient davantage associés à des émotions positives. À l’inverse, un quartier couvert de déchets ou de graffitis pouvait accentuer le malaise, tandis que des échanges chaleureux favorisaient le bien-être. En revanche, les chercheurs n’ont trouvé aucun indice montrant que ces personnes réagissaient plus fortement à la température, au bruit ou à la qualité de l’air dans les situations ordinaires étudiées.

Ces résultats invitent à revoir ce que mesure réellement la sensibilité environnementale. Les questionnaires habituellement utilisés pourraient davantage renseigner sur la manière de vivre les expériences sociales et émotionnelles que sur les réactions aux conditions physiques. Autrement dit, être hypersensible ne signifie peut-être pas tout ressentir plus intensément, mais plutôt être particulièrement réceptif à ce qui rend un lieu accueillant… ou menaçant.