L’enquête judiciaire portant sur le réseau présumé d’insultes rémunérées sur les réseaux sociaux s’accélère et s’étend à de nouvelles figures de l’espace numérique. Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte devant le deuxième cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, le Ministère public a formellement requis une délégation judiciaire au profit de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).
Mentionnée dans le réquisitoire introductif transmis au magistrat instructeur, cette démarche vise à identifier et interpeller l’ensemble des commanditaires et intermédiaires susceptibles d’avoir financé ou orchestré ces campagnes d’injures et de diffamation en ligne.
Inculpations et mesures de contrainte pour les figures de proue
Après leur placement en garde à vue et leur présentation au juge d’instruction, deux influentes personnalités des réseaux sociaux ont été formellement inculpées :
Inculpation de « Diodio Glow Skin » et « Rox la Chancelière » : Mame Diarra Thiam (alias Diodio Glow Skin) et Rokhaya Fall (dite Rox la Chancelière) ont été mises en examen dans ce dossier.
Contrôle judiciaire et bracelet électronique : Les deux mises en cause ont été placées sous régimes de contrainte judiciaire (incluant le contrôle judiciaire et le port du bracelet électronique), dans l’attente de la suite des procédures.
Exploitation téléphonique et ramification de l’enquête
Le volet technique des investigations mené par les experts de la DSC s’annonce déterminant pour mettre au jour la structure financière et opérationnelle du réseau :
Analyse du matériel saisie : Outre les terminaux mobiles de Rox la Chancelière, les téléphones portables de plusieurs autres figures citées dans la procédure — notamment Khadidiatou Kébé (alias Jessica), Nafissatou Fall (dite Narou) et Ramatoulaye Diaw (connue sous le pseudonyme de Ramz Yago) — font l’objet d’une exploitation numérique approfondie.
Traque des commanditaires : La réquisition du parquet tend à établir les transactions financières, les historiques de messages et la chaîne de complicités afin d’identifier les véritables donneurs d’ordre de cette entreprise d’insultes ciblées.




