CAN-2025 Maroc-Sénégal : choisir la voie de la justice, de la transparence et de l’apaisement

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CAN-2025 Maroc-Sénégal : choisir la voie de la justice, de la transparence et de l’apaisement

La récente décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’annuler la victoire du Sénégal sur tapis vert dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, disputée en 2026, a suscité une émotion profonde et légitime à travers le continent africain et au-delà. Cette décision intervient après une compétition suivie par des milliards de spectateurs, où plusieurs moments clés, notamment lors de la finale, ont été largement discutés pour leur caractère arbitraire.

Ces images et actions restent gravées dans la mémoire collective et alimentent un sentiment réel de frustration et d’injustice. Ce n’est pas une question de simple perception : le football, en tant que sport universel, repose sur la confiance et le respect des règles. Toutefois, le respect des règles ne peut ignorer la légitimité des ressentis et des observations de millions de passionnés. Une décision qui ne prendrait pas en compte cette dimension risque de fragiliser la crédibilité des instances sportives et d’affaiblir la confiance du public. Le Sénégal, nation respectée pour son attachement aux valeurs sportives, dispose d’une voie claire et légitime : le recours officiel auprès des instances compétentes. Cet appel, mené dans le respect des procédures, doit permettre de rechercher une vérité sportive transparente, qui concilie le cadre institutionnel et le sentiment d’équité ressenti par la communauté internationale. Faire appel n’est pas seulement un droit : c’est un devoir envers l’intégrité du sport, l’honneur du pays et la paix sociale.

L’histoire récente démontre que les différends sportifs peuvent rapidement dépasser le cadre du terrain. Des tensions locales, nationales ou même inter-étatiques peuvent naître de décisions perçues comme injustes, et dans les cas extrêmes, ces tensions peuvent déboucher sur des affrontements regrettables, parfois tragiques. Aucun résultat sportif, aucune décision administrative, ne peut justifier de tels débordements. Il est donc impératif que toutes les parties fassent preuve de retenue, de dialogue et de responsabilité. Le principe de fair-play ne se limite pas aux joueurs : il engage l’ensemble des acteurs du football — dirigeants, institutions, supporters et médias. Les décisions doivent être prises avec rigueur, mais également avec conscience de leur impact et avec un souci constant de transparence et d’équité. L’enjeu dépasse le score d’un match ou l’attribution d’un titre ; il s’agit de préserver l’image du football africain et son rôle rassembleur.

J’en appelle donc à la CAF et à toutes les parties prenantes : la voie de la justice, de la transparence et de l’apaisement est la seule qui permette de concilier légitimité institutionnelle et perception populaire. La décision de revoir la situation via un appel officiel, pacifique et constructif, renforcera la confiance des joueurs, des supporters et des observateurs internationaux dans la capacité du football africain à réguler lui- même ses différends, avec équité et respect des règles. Au-delà de cette controverse, c’est une vision du sport fondée sur l’équité, la responsabilité et la paix que nous devons promouvoir. Le Sénégal, fidèle à ses valeurs, saura agir avec dignité, rigueur et sens des responsabilités, donnant ainsi l’exemple d’une nation qui défend la justice sportive tout en préservant l’unité et la fraternité entre les peuples.

Par Kenneth Johnson, Président du Comité Europe-Afrique et de l’Organisation internationale du mérite