Combien d’heures de sport faut-il vraiment pratiquer pour protéger son cœur ?

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BIEN ÊTRESPORT
Combien d’heures de sport faut-il vraiment pratiquer pour protéger son cœur ?

Les recommandations actuelles en matière d’activité physique pourraient être insuffisantes pour protéger efficacement le cœur. Il faudrait en réalité pratiquer beaucoup plus que 2h30 de sport par semaine pour vraiment réduire le risque cardiovasculaire.


Ce n’est plus à prouver : bouger permet de protéger son cœur. Mais à quel point nos efforts payent-ils ? Une nouvelle étude, publiée dans le British Journal of Sports Medicine, suggère qu’en matière d’activité physique, les recommandations actuelles pourraient être largement sous-estimées. Si l’on veut réduire fortement le risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC), il faudrait en réalité pratiquer bien plus que les 150 minutes hebdomadaires aujourd’hui conseillées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

10 heures par semaine pour réduire le risque de 30 %

Des chercheurs de l’Université polytechnique de Macao, en Chine, se sont intéressés au lien entre activité physique, condition cardiorespiratoire et risque cardiovasculaire. Pour cela, ils ont analysé les données de plus de 17.000 participants issus de la UK Biobank. Les volontaires, âgés en moyenne de 57 ans, portaient un bracelet connecté pendant sept jours afin de mesurer leur niveau d’activité physique. Leur capacité cardiorespiratoire a aussi été évaluée grâce au VO2 max, un indicateur qui mesure la quantité maximale d’oxygène utilisée par l’organisme pendant un effort intense.

Résultat, après huit ans de suivi et 1.233 événements cardiovasculaires (infarctus, AVC, insuffisance cardiaque, fibrillation auriculaire…) : les personnes respectant le seuil officiel de 150 minutes d’activité physique modérée à intense par semaine ne présentaient qu’une réduction modeste du risque cardiovasculaire, estimée entre 8 et 9 %. Pour obtenir une baisse supérieure à 30 %, les chercheurs ont estimé qu’il faudrait pratiquer entre 560 et 610 minutes d’activité physique modérée à intense par semaine, soit environ 9 à 10 heures. Or, seuls 12 % des participants atteignaient ce niveau.

Un « minimum universel solide » pour protéger le cœur

La recherche montre également que les individus les moins en forme doivent fournir davantage d’efforts pour obtenir les mêmes bénéfices. Ainsi, pour réduire de 20 % le risque cardiovasculaire, les individus ayant la plus faible condition physique devaient pratiquer environ 370 minutes d’exercice par semaine, contre 340 minutes pour les plus sportifs. « Cette découverte met en évidence le défi plus important auquel sont confrontées les populations moins conditionnées », soulignent les chercheurs dans un communiqué.

Les auteurs soulignent toutefois qu’il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne permet donc pas d’établir un lien direct de cause à effet. Ils reconnaissent également certaines limites : les participants étaient potentiellement en meilleure santé que la population générale et le temps passé assis ou les activités physiques légères n’ont pas été pris en compte. Enfin, ils rappellent que les recommandations actuelles de l’OMS restent un « minimum universel solide » pour protéger le système cardiovasculaire.