e Tribunal arbitral du sport vient de rendre une décision particulièrement importante dans le différend qui oppose Mady Touré à la Fédération sénégalaise de football autour de l’élection présidentielle organisée en août 2025. Dans son communiqué daté du 21 août 2026 à Lausanne, l’instance arbitrale annonce avoir renvoyé l’affaire devant la Commission de recours en matière électorale de la FSF afin que celle-ci procède à un nouvel examen du dossier et se prononce cette fois sur le fond.
Le contentieux remonte à l’Assemblée générale élective de la Fédération sénégalaise de football tenue les 2 et 3 août 2025. L’ordre du jour comprenait notamment l’élection du président de la FSF ainsi que celle de seize membres du Comité exécutif. Selon le TAS, Mady Touré, candidat à la présidence, était physiquement présent à l’Assemblée jusqu’aux environs de 2 heures du matin, le 3 août 2025, lorsqu’il a informé le président de la Commission électorale de sa décision de suspendre sa participation au second tour et de quitter l’Assemblée générale élective. Abdoulaye Fall a ensuite été élu à la tête de la Fédération pour un mandat de quatre ans.
Contestant le déroulement du processus, Mady Touré avait ensuite saisi la Commission de recours en matière électorale de la FSF pour demander l’annulation du processus électoral et l’organisation de nouvelles élections. Le candidat avait notamment invoqué des irrégularités relatives aux convocations et à la tenue des débats, ainsi qu’un défaut de transparence dans le contrôle des votants et le dépouillement. Mais, le 25 août 2025, la Commission de recours avait déclaré sa requête irrecevable.
Mady Touré s’était alors tourné vers le Tribunal arbitral du sport. Son appel avait été déposé le 11 septembre 2025 contre la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall ainsi que trois autres candidats ayant participé à l’élection présidentielle. Devant le TAS, il demandait que la décision d’irrecevabilité soit réformée, que l’élection au poste de président soit annulée et qu’une nouvelle Assemblée générale élective soit convoquée afin d’élire un nouveau président de la Fédération.
Une audience s’est tenue par visioconférence le 10 mars 2026. La Formation arbitrale du TAS a entendu les arguments des différentes parties et procédé à l’examen du Code électoral de la FSF. C’est sur ce point que la décision prend toute son importance : les arbitres ont conclu que la décision de la Commission de recours déclarant irrecevable le recours de Mady Touré « n’était pas fondée en droit » et qu’elle violait le Code électoral de la FSF.
Pour le Tribunal arbitral du sport, la Commission de recours aurait dû examiner la demande d’annulation introduite par Mady Touré et rendre une décision sur le fond, au lieu de l’écarter pour irrecevabilité.
Le TAS ne va cependant pas jusqu’à prononcer lui-même l’annulation de l’élection présidentielle de la FSF. La Formation arbitrale explique que, faute de mesures d’instruction menées précédemment par la Commission de recours, elle ne dispose pas de suffisamment d’éléments lui permettant de trancher les arguments de fond avancés par Mady Touré, notamment sa demande visant directement l’annulation du scrutin présidentiel.
En conséquence, le dossier est renvoyé devant la Commission de recours en matière électorale de la Fédération sénégalaise de football. Celle-ci devra procéder à une instruction complémentaire en tenant compte des considérants du TAS avant de rendre une nouvelle décision sur le fond.
Le Tribunal arbitral du sport apporte toutefois une précision essentielle qui évite toute interprétation allant dans le sens d’une annulation immédiate de l’élection : « Ce renvoi n’a aucune incidence sur les résultats de l’élection présidentielle d’août 2025. » Abdoulaye Fall demeure donc, à ce stade, président de la Fédération sénégalaise de football, la question de l’annulation demandée par Mady Touré n’ayant pas été tranchée sur le fond par le TAS.
L’affaire revient désormais devant l’instance électorale de recours de la FSF, mais dans une configuration sensiblement différente. La Commission ne pourra plus simplement écarter le recours sur la base de l’irrecevabilité déjà censurée par le Tribunal arbitral du sport. Elle devra examiner les griefs avancés par Mady Touré concernant le déroulement du processus électoral, mener les investigations nécessaires et se prononcer sur leur bien-fondé.





