Mondial 2026 : Le Sénégal peut-il gagner la Coupe du monde ?

12:07
ACTUALITESPORT
Mondial 2026 : Le Sénégal peut-il gagner la Coupe du monde ?

« Si je perds ne serait-ce qu’une seconde la conviction de pouvoir gagner la Coupe du monde avec le Sénégal, je céderai ma place. » La déclaration de Pape Thiaw, prononcée après la victoire du Sénégal en amical face à la Gambie (3-1), a immédiatement relancé le débat autour des ambitions des Lions. Une simple phrase, mais un message fort : le sélectionneur sénégalais n’est pas Pierre de Coubertin. Il ne veut pas aller à la Coupe du monde pour participer. Il veut rêver grand. Mais cette ambition est-elle réaliste ? Le Sénégal peut-il réellement viser un sacre mondial ?

D’aprés Dsport , deux regards différents se croisent autour de cette question : celui d’Hervé Penot, journaliste à L’Équipe, et celui d’Hicham Bennis, journaliste marocain à Canal+ Sport. Pour Hervé Penot, le Sénégal possède les qualités pour réaliser un très grand tournoi, même si la victoire finale reste difficile à imaginer aujourd’hui. « Remporter la Coupe du monde, c’est un peu compliqué. En revanche, faire un très bon parcours, oui. Je crois beaucoup à cette équipe du Sénégal. » Le journaliste français insiste surtout sur l’expérience du groupe et la continuité qui existe depuis plusieurs années. « Les joueurs se connaissent tous, ils sortent d’une grosse CAN et cela apporte une confiance supplémentaire. »

Penot estime que les cadres restent au très haut niveau. « Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gueye ou encore Édouard Mendy sont toujours performants. C’est un groupe auquel j’ai une grosse confiance. » Mais l’entrée dans la compétition pourrait déjà conditionner une partie du parcours des Lions.

« Jouer la France puis la Norvège dès le début, ce ne sera pas simple. Cela rappelle un peu 2002. On sait que tout peut arriver, mais avec Didier Deschamps, les Bleus prendront ce match très au sérieux. » Pour autant, Penot refuse de fermer la porte à un exploit historique.

« J’espère au moins un quart de finale pour cette équipe. Et si elle peut faire une demi-finale comme le Maroc, voire plus, ce serait exceptionnel. »

« J’ai peur qu’il y ait trop d’attentes autour du Sénégal »

Du côté d’Hicham Bennis, le discours est plus prudent. Le journaliste marocain estime que le Sénégal possède un gros potentiel, mais que plusieurs éléments risquent de compliquer sa mission. « Pour être honnête, ce sera compliqué pour le Sénégal de remporter la compétition. » Selon lui, la principale difficulté sera mentale et médiatique. « Tous les regards seront tournés vers les Lions. J’ai peur qu’il y ait trop d’attentes autour de cette équipe. »

Autre interrogation : la préparation. « Affronter le Pérou, la Gambie, les États-Unis ou encore l’Arabie saoudite, ce n’est pas forcément la meilleure préparation avant d’affronter des équipes comme la Norvège ou la France. » Bennis rappelle également que certaines références des Lions face aux grandes nations datent déjà. « Ils ont déjà affronté de grosses équipes, mais cela remonte. L’effectif a changé, la forme des joueurs aussi. » Même lors des dernières sorties, il estime que certaines limites sont apparues. « Face au Pérou, cela s’est bien passé au niveau du résultat, mais dans le jeu certaines phases étaient compliquées. Contre des grandes nations, cela peut leur porter préjudice. »

Une chose est certaine : le Sénégal fait désormais partie des nations respectées du football mondial. Double champion d’Afrique, régulier dans les grandes compétitions et porté par une génération historique, le pays n’avance plus dans l’ombre. Mais gagner une Coupe du monde reste un défi immense. Il faut battre plusieurs grandes nations d’affilée, gérer la pression, les détails, les blessures et parfois même la réussite.

Le Maroc a ouvert une porte en devenant la première nation africaine demi-finaliste d’un Mondial. Le Sénégal veut désormais aller encore plus loin. Et au fond, c’est peut-être là le message principal de Pape Thiaw : avant de gagner une Coupe du monde, il faut déjà avoir le courage d’y croire pleinement.