Enquête sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » : Abdourahmane Diouf, comme aucun autre ministre, ne figure dans le rapport

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Enquête sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » : Abdourahmane Diouf, comme aucun autre ministre, ne figure dans le rapport

Dans la lecture de la proposition de résolution présentée par le groupe Pastef-Les Patriotes, portant création d’une commission d’enquête parlementaire sur les irrégularités présumées dans la passation et l’exécution des marchés du programme «Un étudiant, un ordinateur» du ministère de l’Enseignement supérieur, pour un engagement cumulé de l’ordre de 48 milliards FCFA, le nom de Abdourahmane Diouf n’y figure pas, pas plus d’ailleurs que celui d’aucun ministre.

«Sont notamment visés les ministres, directeurs, chefs de service et collaborateurs ayant exercé des responsabilités et fonctions durant la période couverte par l’enquête. C’est-à-dire les ministères de l’Enseignement supérieur, des Finances et du Budget, la Direction générale de l’Enseignement supérieur, la Direction du financement des établissements d’enseignement supérieur, la Direction centrale des marchés, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop, ex-Armp), toutes autres entités publiques et parapubliques, personnes physiques ou morales impliquées dans la passation des marchés publics», lit-on, noir sur blanc, sur le document qui opère ainsi un vaste ratissage institutionnel, dans lequel L’Observateur a plongé son regard.

Et rien, également, ne mène directement à Abdourahmane Diouf, toujours selon les documents parcourus. Ministre de l’Enseignement supérieur du 5 avril 2024 au 6 septembre 2025, le patron d’Awalé n’aura, en réalité, vécu qu’une seule année de gestion du programme par la Direction générale de l’Enseignement supérieur, laquelle est certes placée sous la tutelle du ministère, mais bénéficie, selon les spécialistes, d’une autonomie de gestion. D’ailleurs, dans la convention de mise en œuvre N°01/25/1E-10/Édition 2025, signée le 3 avril 2025 en deux exemplaires avec Computer Land d’Abdoulaye Thiam, c’est bien le nom du professeur Abdou Aziz Diouf, alors directeur de l’Enseignement supérieur, qui y figure.

Pour cette convention, signée conformément à l’offre de Computer Land, avec le prix de l’ordinateur HP G10, AMD Ryzen 3, 8 Go de RAM et 512 SSD fixé à 230 000 FCfa, pour une quantité de 20 000 pièces, soit un montant de 4 600 000 000 FCfa, un appel à manifestation d’intérêt pour la fourniture d’ordinateurs et de connectivité avait été publié dans le journal «Le Soleil», le 11 janvier 2025, en perspective du démarrage de l’édition 2025. Et, une fois encore, le texte porte la signature du professeur Abdou Aziz Diouf. Des éléments qui, à ce stade de la lecture des pièces disponibles, viennent conforter les déclarations du ministre Abdourahmane Diouf, lequel, lors de son émission «En vérités» sur Radio Sénégal, s’était dit non seulement disposé à répondre à la commission d’enquête, mais avait surtout réclamé que les travaux de celle-ci se tiennent en public et fassent l’objet d’une retransmission par la RTS ainsi que par les autres chaînes de télévision.

Une exigence de transparence qu’il avait résumée en ces termes : «pour que tous les Sénégalais sachent ce qui s’est réellement passé». Une posture qui, au regard des documents consultés, contraste singulièrement avec la manière dont son nom s’est retrouvé, de façon quasi exclusive, au cœur des premières accusations relayées dans la presse.