Pour la première fois depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko s’est exprimé publiquement sur les circonstances de son limogeage. Lors d’une déclaration faite ce mardi 2 juin 2026, l’ancien Premier ministre et président du PASTEF a retracé les derniers échanges qu’il a eus avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en affirmant avoir refusé d’assumer la responsabilité politique de leur séparation.
Selon Ousmane Sonko, le tournant décisif est intervenu le vendredi 29 mai, au lendemain de son intervention devant l’Assemblée nationale. Il explique avoir été convoqué par le chef de l’État pour un entretien au cours duquel ce dernier lui aurait fait part de ses réserves quant à la poursuite de leur collaboration.
« À la fin de notre discussion, il m’a expliqué qu’il lui serait très difficile de continuer à travailler avec moi, estimant que mes déclarations à l’Assemblée avaient créé de nombreuses difficultés », a rapporté l’ancien chef du gouvernement.
Ousmane Sonko affirme toutefois que les tensions étaient perceptibles depuis plusieurs mois. Après les élections législatives, dit-il, il aurait rencontré à trois reprises le président Diomaye Faye afin d’évoquer son éventuel retrait de l’Exécutif. Lors de ces échanges, il soutient avoir proposé de retourner à l’Assemblée nationale si sa présence au gouvernement constituait un frein à l’action présidentielle.
« Je lui ai toujours dit que si ma présence posait problème, je pouvais reprendre mon mandat parlementaire afin que notre collaboration se poursuive dans de bonnes conditions. Il a toujours rejeté cette option », a-t-il déclaré.
Revenant sur leur dernier entretien, le leader du PASTEF affirme que le président souhaitait qu’il cautionne publiquement une séparation présentée comme consensuelle. Une démarche qu’il dit avoir refusée.
« Il voulait que j’endosse cette rupture et que je fasse une déclaration indiquant que nous nous quittions en bons termes. Je n’ai pas accepté », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, Ousmane Sonko affirme avoir proposé deux alternatives : son retour à l’Assemblée nationale pour permettre à la majorité de désigner un nouveau Premier ministre ou la poursuite des discussions afin de trouver une solution concertée. À défaut, il estimait que la décision devait relever exclusivement du chef de l’État.
Selon son récit, le président Bassirou Diomaye Faye lui aurait indiqué vouloir reprendre les échanges après une visite à l’Archevêque de Dakar à l’occasion de la Pentecôte. Mais quelques heures plus tard, à 20h35, il recevait un message lui annonçant officiellement son limogeage.
« J’en ai pris acte », a simplement commenté l’ancien Premier ministre.
Quinze minutes après cette notification, le décret portant nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô à la tête du gouvernement était rendu public par le Secrétariat général de la Présidence.
Concluant son témoignage sur une note personnelle, Ousmane Sonko a indiqué avoir immédiatement commencé à préparer son départ de la Primature. « J’ai commencé à faire mes bagages pour retourner à la Cité Keur Gorgui, qui m’avait tant manqué », a-t-il confié.




