Oxford Economics alerte sur un choc institutionnel fatal aux finances

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Oxford Economics alerte sur un choc institutionnel fatal aux finances

Le cabinet britannique de prévisions macroéconomiques souligne que le contrôle exercé par la nouvelle Assemblée souverainiste pourrait saborder les réformes de l’exécutif, rendant un accord de renflouement avec le Fonds monétaire hautement improbable

L’architecture politico-financière du Sénégal traverse une zone de turbulences inédite. Alors que le pays tente de renouer le dialogue avec les institutions de Bretton Woods, l’émergence d’un contre-pouvoir législatif fort fait vaciller les marchés et inquiète les analystes internationaux. Selon une dépêche de l’agence Reuters signée par Diadie Ba repris par seneplus , la fronde parlementaire menée par Ousmane Sonko risque de faire dérailler les tractations cruciales avec le Fonds monétaire international (FMI).

C’est le constat implacable dressé par Oxford Economics. Dans une note de recherche approfondie publiée le 1er juin 2026, le prestigieux cabinet britannique de prévisions macroéconomiques met en lumière les conséquences directes du récent reclassement politique d’Ousmane Sonko. Évincé de la primature mais triomphalement réinstallé au perchoir de l’Assemblée nationale avec le soutien écrasant de 132 députés, l’ancien chef du gouvernement dispose désormais d’un levier institutionnel majeur. Oxford Economics avertit que ce retour au premier plan pourrait entraver de manière significative les efforts de l’exécutif dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le cabinet rappelle que le leader du Pastef a d’ores et déjà « signalé son intention d’exercer un contrôle parlementaire rigoureux, ce qui pourrait limiter la capacité de l’exécutif à mettre en œuvre les réformes alignées sur les exigences du FMI ».

Un choc idéologique autour de la restructuration de la dette

Le FMI conditionne traditionnellement ses programmes de sauvetage à des réformes structurelles strictes et à une orthodoxie budgétaire que le nouveau président de l’Assemblée nationale dénonce de longue date. Oxford Economics indique que ce dernier reste un détracteur virulent de l’institution de Washington et s’est toujours opposé à l’idée d’une restructuration de la dette. Cette résistance idéologique, désormais cristallisée au cœur du pouvoir législatif, « entravera probablement les progrès vers un plan de sauvetage du FMI », souligne la note relayée par Reuters.

Ce blocage potentiel contraste avec la posture de l’exécutif. Le président Faye s’est montré plus mesuré sur la question, tout comme son nouveau Premier ministre, l’économiste Ahmadou Al Aminou Lo. Le gouvernement, qui a d’ailleurs maintenu Cheikh Diba à la tête d’un super-ministère des Finances et de l’Économie pour assurer une « cohérence » dans les politiques publiques, espère relancer les négociations avec le FMI dans la semaine du 8 juin et obtenir un accord de principe d’ici la fin du mois.

L’urgence est absolue pour les finances publiques, gravement plombées par la découverte de 7 milliards de dollars de passifs dissimulés par l’administration précédente. Ce gouffre financier a mécaniquement propulsé le ratio dette/PIB à 132% fin 2024, provoquant le gel immédiat d’un programme de financement de 1,8 milliard de dollars par le FMI.

Sur ce point technique, Oxford Economics se veut lucide face aux récentes tentatives gouvernementales de rassurer les marchés. Si Dakar a récemment procédé à un recalibrage de son Produit intérieur brut pour enjoliver la présentation comptable de ses finances, le cabinet d’analyse prévient que cette manœuvre statistique de façade « ne modifie pas la situation budgétaire précaire sous-jacente du Sénégal ni ses besoins de financement à court terme ».

Le Sénégal se retrouve ainsi à la croisée des chemins. D’un côté, un gouvernement technocratique contraint de donner des gages aux bailleurs de fonds internationaux pour éviter le défaut de paiement ; de l’autre, une Assemblée nationale dominée par une ligne souverainiste intraitable. Sans un consensus institutionnel rapide, c’est l’ensemble du rétablissement macroéconomique du pays qui risque la paralysie.