Il n’y a désormais plus de doute. Les ponts semblent définitivement coupés entre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le PASTEF‐Les Patriotes, sa formation politique d’origine. Le chef de l’État a clairement manifesté sa volonté de tracer sa propre voie et d’imprimer sa marque personnelle sur les orientations stratégiques de la gouvernance du Sénégal.
La Vision Sénégal 2050 constitue le principal référentiel à travers lequel il entend concrétiser les promesses de changement et de mieux‐être formulées à l’endroit des citoyens depuis son accession à la magistrature suprême en 2024. Cette ambition s’appuie sur une équipe composée d’hommes et de femmes dont certains ont opéré une démarcation politique nette entre leur fidélité au PASTEF dirigé par Ousmane Sonko et leur adhésion au projet porté par Bassirou Diomaye Faye.
Cependant, la réalité économique et sociale du Sénégal demeure préoccupante. Les citoyens ne sauraient se satisfaire indéfiniment de promesses reformulées sous le prétexte d’un changement de méthode ou d’une nouvelle approche de gouvernance. Investi d’une confiance populaire fondée sur un important capital d’espoir, le Président Diomaye Faye devra nécessairement prendre la pleine mesure de l’enlisement économique observé au cours de ses deux premières années de pouvoir.
Certes, l’héritage laissé par son prédécesseur continuera longtemps à peser sur les marges de manœuvre de l’État. Mais les Sénégalais n’en attendent pas moins des résultats concrets et une gouvernance économique capable d’améliorer leurs conditions de vie. Le réalisme économique ne saurait signifier un alignement systématique sur les exigences du Fonds monétaire international (FMI), notamment lorsqu’il est question de restructuration de la dette publique.
Entre les impératifs financiers dictés par les partenaires internationaux et la nécessité de préserver la résilience sociale des populations, la marge de manœuvre apparaît étroite. Le Président devra éviter toute option susceptible d’aggraver davantage les difficultés déjà supportées par les ménages sénégalais.
Les débats contradictoires entre partisans et adversaires de la restructuration de la dette ne suffiront pas à rassurer des citoyens qui gardent encore en mémoire les conséquences sociales du Programme d’ajustement structurel des années 1980 et la dévaluation du franc CFA de 1994. Ces expériences ont profondément marqué la conscience collective nationale.
L’équation à résoudre pour le Président et son gouvernement est donc celle d’une gymnastique délicate entre le maintien des grands équilibres macroéconomiques et la mise en œuvre d’un véritable plan de relance capable de soutenir la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, sans compromettre la cohésion sociale.
En tout état de cause, seule une approche stratégique fondée sur le pragmatisme, la justice sociale et la souveraineté économique permettra de reprofiler durablement l’économie sénégalaise sans briser les ressorts de résilience du peuple sénégalais.
Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye parviendra‐t‐il à relever ce défi historique ? L’avenir en décidera, mais le temps des résultats est désormais venu.




