PRES d’Ousmane Sonko : Des recettes en chute libre et des réformes reportées

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PRES d’Ousmane Sonko : Des recettes en chute libre et des réformes reportées

Le rapport de la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, révélé par Les Échos, met en lumière les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), lancé en août 2025 par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Initialement conçu pour renforcer les recettes publiques et soutenir le redressement de l’économie nationale, ce programme affiche des résultats largement en deçà des objectifs fixés, avec d’importants retards dans plusieurs secteurs stratégiques.

Plus de 450 milliards de FCFA de recettes manquantes

Sur les 762,9 milliards de FCFA de recettes initialement attendues, le PRES n’aurait mobilisé que 174 milliards à ce jour. Même les projections les plus optimistes pour la fin de l’année ne dépasseraient pas 311 milliards de FCFA. Ce décalage laisse apparaître un manque à gagner de plus de 450 milliards de FCFA pour les finances publiques, confortant ainsi les réserves exprimées par certains députés lors de l’examen de la loi de finances initiale (LFI) 2026.

La LONASE victime de l’effet inverse de la fiscalité

Le renforcement de la fiscalité sur les jeux de hasard semble également avoir produit des effets contraires aux attentes. Selon le rapport, les recettes mensuelles de la LONASE, qui avoisinaient auparavant 15 milliards de FCFA, seraient désormais tombées entre 4 et 5 milliards. Une baisse attribuée notamment au déplacement d’une partie des parieurs vers des plateformes illégales ou des opérateurs installés dans les pays voisins.

Le foncier et les télécommunications toujours dans l’impasse

D’autres mesures structurantes du PRES peinent également à se concrétiser. La régularisation foncière, dont les retombées financières étaient estimées à 100 milliards de FCFA, est désormais reportée à 2027-2028 en raison de blocages juridiques. De leur côté, les 50 milliards de FCFA attendus de la renégociation des concessions de télécommunications restent hypothétiques, les discussions engagées n’ayant toujours pas abouti.

L’Exécutif contraint de revoir sa stratégie fiscale

Face aux difficultés rencontrées, le gouvernement envisage plusieurs ajustements. Il est notamment question de remplacer la taxe sur les transactions financières individuelles par une imposition progressive du chiffre d’affaires des opérateurs. L’Exécutif envisage également de supprimer les droits de timbre de 1 % appliqués aux paiements en espèces inférieurs à 100 000 FCFA.

Au final, les conclusions du rapport parlementaire soulèvent de sérieuses interrogations sur l’efficacité du PRES et sa capacité à atteindre les objectifs financiers qui lui étaient assignés. Le décalage entre les recettes annoncées et les montants effectivement mobilisés met en évidence les défis auxquels reste confrontée la stratégie de redressement économique et budgétaire.