séduisent de plus en plus les investisseurs

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Gaz naturel : le Sénégal au cœur de nouvelles convoitises des investisseurs

Le Sénégal figure parmi les pays africains appelés à profiter de la volonté mondiale de diversifier la production de gaz. C’est ce qu’indique Alexis Akwagyiram, rédacteur en chef de Semafor Africa, dans une analyse mise à jour le 28 octobre 2026, qui voit dans le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran un tournant pour les producteurs du continent.

Pendant des années, les institutions occidentales ont refusé de financer les infrastructures gazières, au motif que les pays seraient enfermés dans la dépendance aux énergies fossiles. De nombreux dirigeants africains rétorquaient que les économies avancées s’étaient enrichies grâce au charbon et au pétrole, et que le continent représente moins de 4 % des émissions mondiales de carbone. Selon Alexis Akwagyiram, ce débat « s’est tu » avec le choc énergétique lié à la guerre en Iran : « Le monde a besoin de gaz pour produire de l’électricité et alimenter l’industrie lourde. »

Plusieurs facteurs convergent, d’après l’analyse. Les compagnies publiques du Golfe cherchent des participations dans des projets gaziers après avoir été visées par des frappes. « Nous sommes désormais dans un monde où les producteurs doivent se diversifier », estime Andrew Farrand, directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord du cabinet Horizon Engage. Les efforts européens pour réduire la dépendance au gaz russe étaient déjà engagés, et l’administration Trump a poussé la Banque mondiale à lever son interdiction de financer les projets gaziers en amont.

Le Sénégal est cité avec le Mozambique parmi les pays qui devraient bénéficier de cette diversification, comme la Tanzanie, qui a annoncé cette semaine sa première découverte majeure de gaz naturel depuis plus de dix ans et prévoit un projet de GNL de 42 milliards de dollars. 

Le Nigeria, qui détient les neuvièmes réserves prouvées de gaz au monde, apparaît comme l’un des grands bénéficiaires, avec une série d’annonces d’investissements, y compris pour des découvertes restées en sommeil pendant des décennies. Timi Soleye, président de CRYO Gas & Power, dit avoir reçu une vague soudaine de demandes d’investisseurs, car le calcul de risque pour les grands projets gaziers au Nigeria a « changé substantiellement ». Le golfe de Guinée n’ayant aucun point de passage obligé, le bloquer exigerait selon lui « une marine entière ».

Un nouveau débat se profile, selon Alexis Akwagyiram : les décideurs africains devront arbitrer entre l’exportation du gaz et le maintien d’une partie de la ressource pour produire de l’électricité. Les deux options exigent des infrastructures coûteuses. Les exportations pourraient remplir rapidement les caisses de l’État, mais utiliser le gaz pour l’industrialisation « a le potentiel de procurer un gain plus important à long terme ».