Pour l’heure, la justice sud-africaine ne se prononce pas sur cette demande d’extradition et limite son examen au seul volet lié à l’immigration illégale. L’activiste est en effet poursuivi pour séjour irrégulier sur le territoire sud-africain
La justice sud-africaine a refusé vendredi 19 juin, la remise en liberté sous caution de l’activiste Kemi Seba, invoquant un risque de fuite. Il restera détenu jusqu’au 14 juillet, date à laquelle sera examinée la demande d’extradition déposée par le Bénin.
La procédure d’extradition a été initiée par les autorités béninoises, qui accusent Kemi Seba d’incitation à la violence et de blanchiment d’argent. Ces accusations sont liées à son soutien présumé à une tentative de coup d’État survenue en décembre 2025, selon les éléments présentés dans le dossier.
Pour l’heure, la justice sud-africaine ne se prononce pas sur cette demande d’extradition et limite son examen au seul volet lié à l’immigration illégale. L’activiste est en effet poursuivi pour séjour irrégulier sur le territoire sud-africain.
Kemi Seba, de son vrai nom Gilles Robert Capo Chichi, a été arrêté le 13 avril alors qu’il tentait de quitter l’Afrique du Sud en direction du Zimbabwe avec son fils, alors que ses visas étaient expirés. Il est par ailleurs détenteur d’un passeport diplomatique nigérien.
Les circonstances de ce déplacement sont au centre de l’enquête judiciaire, notamment le choix du Zimbabwe comme destination finale. Les autorités s’interrogent également sur l’implication présumée d’un troisième individu dans cette affaire.
Ce dernier, un ressortissant sud-africain identifié comme François Van der Merwe, est soupçonné d’avoir reçu des fonds en provenance de Moscou afin de faciliter les déplacements de Kemi Seba, selon les éléments évoqués dans le dossier.
L’affaire Kemi Seba a connu un premier rebondissement médiatique il y a déjà deux mois. Le 20 avril 2026, au lendemain d’une audience devant le tribunal de première instance de Pretoria, des informations avaient circulé selon lesquelles l’activiste panafricaniste, aurait déposé une demande d’asile en Afrique du Sud.
Ces informations avaient toutefois été aussitôt démenties par son organisation. Le coordinateur international et numéro 2 de l’ONG Urgences Panafricanistes, Hery Djehuty, avait affirmé à Anadolu que cette annonce provenait d’une déclaration isolée d’un avocat de la défense à l’issue de l’audience, et ne reflétait en rien la position officielle de l’équipe juridique. Selon lui, aucune décision n’avait alors été prise, une éventuelle demande d’asile ne pouvant être envisagée qu’après l’audience suivante, fixée au 29 avril. Il avait précisé que l’avocat à l’origine de ces propos avait depuis été révoqué, insistant sur le fait que les décisions juridiques concernant Kemi Seba seraient désormais communiquées exclusivement par les canaux officiels, et non par voie médiatique.
Arrêté le 13 avril en Afrique du Sud pour tentative d’immigration illégale présumée, Kemi Seba comparaissait alors pour la première fois devant la justice sud-africaine, dans un dossier qui allait, par la suite, se complexifier avec une procédure d’extradition réclamée par le Bénin.
Jusqu’à lors, les autorités béninoises n’ont fait aucune déclaration concernant la décision de Pretoria.
L’affaire mêle désormais des volets judiciaires, migratoires et diplomatiques, dans l’attente de la décision attendue le 14 juillet sur la demande d’extradition formulée par le Bénin.




