On dit souvent qu’un enfant qui bouge beaucoup serait mieux protégé contre le surpoids, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Une étude rappelle l’intérêt d’encourager les enfants à bouger régulièrement mais sans faire de l’activité physique un outil de contrôle du poids.
Les recommandations actuelles de l’Organisation mondiale de la santé préconisent en moyenne au moins 60 minutes quotidiennes d’activité physique d’intensité modérée à soutenue pour les enfants et adolescents de 5 à 17 ans.
Une vaste étude publiée dans JAMA Pediatrics étude ne bouleverse pas ces recommandations, mais montre que plus d’activité physique ne signifie pas forcément moins de kilos.
Près de 13 000 jeunes suivis pendant plusieurs années
Les chercheurs ont regroupé les données individuelles de 14 cohortes issues de 16 pays et de quatre continents. Au total, 12 874 jeunes âgés en moyenne de 10 ans au début du suivi ont été inclus. Ils ont été suivis pendant environ trois ans en moyenne.
Les enfants portaient des accéléromètres, des appareils capables d’enregistrer objectivement leurs mouvements. Les chercheurs ont ainsi distingué le temps sédentaire, l’activité physique d’intensité modérée à soutenue et l’activité vigoureuse.
Ils ont ensuite étudié plusieurs indicateurs de santé cardiométabolique : indice de masse corporelle (IMC), insulinémie, glycémie, cholestérol LDL, triglycérides et pression artérielle.
Plus d’activité, de meilleurs marqueurs métaboliques
Le résultat principal est plutôt encourageant : les jeunes qui pratiquaient davantage d’activité physique d’intensité modérée à soutenue présentaient, quelques années plus tard, des taux légèrement plus faibles d’insuline, de cholestérol LDL et de triglycérides.
Concrètement, une différence de 26 minutes d’activité physique modérée à soutenue par jour était associée à une diminution de l’insuline, du LDL-cholestérol et des triglycérides.
Mais il faut se garder d’interpréter ces chiffres comme la preuve qu’une demi-heure supplémentaire d’activité physique « évite » le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Les différences individuelles sont faibles et l’étude ne permet pas d’établir avec certitude un lien de cause à effet.
Une surprise : pas d’effet sur le poids
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, davantage d’activité physique n’était pas associé à un IMC plus faible lors du suivi, une fois les analyses ajustées notamment sur l’IMC initial.
Autrement dit, cette étude ne montre donc pas que l’activité physique empêche, à elle seule, la prise de poids chez les enfants et les adolescents. Les auteurs soulignent d’ailleurs que l’activité pourrait avoir des bénéfices sur la santé métabolique indépendamment de son effet sur le poids. Les bénéfices apparaissaient par ailleurs plus nettement chez les jeunes ayant un IMC initial plus élevé et chez les enfants les plus jeunes. Ils étaient moins évidents chez les adolescents et lorsque la période de suivi dépassait deux ans.
Et le temps passé assis ?
C’est probablement l’un des résultats les plus surprenants de l’étude. Les chercheurs n’ont pas retrouvé d’association claire entre le temps total passé dans un état sédentaire et un profil cardiométabolique plus défavorable.
Au contraire, dans leur modèle principal, davantage de temps sédentaire était associé à une glycémie et une pression artérielle systolique légèrement plus basses. Des différences existaient toutefois selon le sexe et le niveau d’IMC, ce qui montre que la relation est complexe. Attention cependant à ne pas en conclure que rester assis ou passer beaucoup de temps devant un écran serait sans conséquence. L’accéléromètre mesure le volume global de temps sédentaire, mais ne permet pas de distinguer, par exemple, le sommeil, les devoirs, la lecture ou l’utilisation d’un écran. Or les conséquences peuvent dépendre du comportement sédentaire concerné.
Faut-il revoir les recommandations ?
L’étude suggère toutefois que, pour obtenir un effet mesurable sur certains marqueurs cardiométaboliques, une quantité supérieure à 60 minutes pourrait être nécessaire. Dans cette analyse, seuls les jeunes appartenant au groupe le plus actif — environ 93 minutes d’activité modérée à soutenue par jour en moyenne — présentaient clairement un risque cardiométabolique global plus faible que les moins actifs.
« Cela ne signifie pas qu’il faudrait transformer chaque enfant en sportif de haut niveau. L’activité physique a de nombreux autres bénéfices -notamment sur les capacités physiques, la santé osseuse et le bien-être- qui ne sont pas tous mesurés par cette étude », soulignent les chercheurs.




