Le pays d’abord les élections après
Il est temps de parler avec gravité, avec responsabilité et surtout avec patriotisme. Le Sénégal traverse une période particulièrement difficile sur les plans économique, social, financier et institutionnel. Dans un tel contexte, une seule priorité devrait s’imposer à tous : sauver l’essentiel, préserver la stabilité du pays et remettre l’intérêt national au-dessus de tous les intérêts particuliers.
Or, depuis quelque temps, le sentiment qui se dégage est tout autre.
Les préoccupations nationales semblent progressivement reléguées au second plan au profit des guerres de positionnement politique, des calculs de pouvoir et des échéances électorales à venir. Comme si le pays pouvait attendre tranquillement 2029.
Non ! Le Sénégal ne peut pas attendre 2029.
Des tensions et des divergences apparaissent également entre différentes composantes du pouvoir. L’Exécutif et le Législatif semblent parfois davantage préoccupés par leurs rapports de force, leurs équilibres internes et leurs stratégies respectives que par l’urgence des problèmes auxquels les Sénégalais sont confrontés.
Cette situation est extrêmement préoccupante.
Car pendant que les acteurs politiques se positionnent, le Peuple, lui, continue de subir : coût de la vie, chômage et sous-emploi des jeunes, difficultés des entreprises, précarité sociale, endettement, problèmes d’éducation, de santé, d’habitat, de salubrité, d’assainissement et de pouvoir d’achat.
Pendant que les appareils politiques pensent aux prochaines échéances, les Sénégalais pensent à leur quotidien et à leur avenir.
Plus grave encore, lorsque les nominations et les décisions de l’Etat donnent le sentiment d’obéir prioritairement à des considérations politiques, partisanes ou de proximité, c’est la confiance dans les institutions qui finit par être fragilisée.
Un Etat sérieux doit rechercher avant tout la compétence, l’intégrité, l’expérience, le mérite et l’intérêt général.
Le Sénégal n’a pas besoin de récompenser des fidélités politiques.
Il a besoin de compétences au service de la Nation.
Le Sénégal n’a pas besoin de nouvelles guerres de clans.
Il a besoin d’une mobilisation nationale.
Le Sénégal n’a pas besoin que chacun cherche à conquérir ou conserver son espace de pouvoir.
Il a besoin que chacun accepte de servir le pays.
J’en appelle donc solennellement
Aux plus hautes autorités de l’Etat, au président de la République, au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à la classe politique dans son ensemble, aux responsables religieux et coutumiers, aux intellectuels, aux chefs d’entreprise, aux syndicats, à la Société civile, à la diaspora et à toutes les bonnes volontés :
Arrêtons-nous. Regardons la réalité en face. Et revenons à l’essentiel.
Le Sénégal est plus important que nos partis.
Le Sénégal est plus important que nos ambitions personnelles.
Le Sénégal est plus important que nos rivalités.
Aucun homme politique, aucun parti, aucune coalition, aucune institution ne doit être plus importante que la République.
Face à la gravité de la situation, il devient impératif d’engager un véritable pacte de responsabilité, afin de mobiliser toutes les Forces vives du pays autour des urgences économiques, sociales et institutionnelles. Le Sénégal ne peut plus se permettre que les divergences politiques et les calculs de positionnement prennent le pas sur les priorités nationales.
Il faut apaiser les tensions, restaurer la confiance entre les institutions, mettre fin aux procès d’intention permanents et faire de l’intérêt général la boussole de l’action publique.
Car si nous laissons les calculs politiques dominer pendant trois années encore, le risque est grand de perdre un temps précieux que le Sénégal ne peut plus se permettre de perdre.
Le moment est venu de choisir
Entre la politique politicienne et la politique de développement.
Entre les intérêts de clans et l’intérêt général.
Entre les ambitions personnelles et l’avenir de la Nation.
Entre la confrontation permanente et le dialogue républicain.
Notre choix doit être clair : le Sénégal.
Je lance donc cet appel avec une seule préoccupation : placer l’intérêt supérieur du Sénégal au-dessus des intérêts partisans, des calculs de pouvoir et des échéances électorales. Cet appel ne s’adresse à aucun camp en particulier ; il s’adresse à tous ceux qui ont une responsabilité, une influence ou simplement une conscience citoyenne dans la marche de notre Nation.
Non pas pour défendre un homme, mais pour défendre la République.
Non pas pour alimenter une polémique supplémentaire, mais pour provoquer un sursaut patriotique national.
Il est encore temps de revenir à la raison.
Il est encore temps de dépasser les querelles.
Il est temps de remettre le pays au travail.
Il ne s’agit donc plus d’attendre, ni de fermer les yeux sur ce qui se passe, mais d’agir avec lucidité, responsabilité et célérité pour préserver l’essentiel : la stabilité, la paix, la cohésion nationale et l’avenir du Sénégal.
Le Sénégal nous appartient à tous.
Et lorsque la maison commune est en difficulté, ce n’est pas le moment de se disputer pour savoir qui occupera le prochain fauteuil : c’est le moment de sauver la Nation.
Que 2029 attende.
Aujourd’hui, c’est le Sénégal qui doit passer avant tout.
Servir la Nation doit redevenir la raison d’être du pouvoir.
Que chacun se ressaisisse.
Que chacun prenne ses responsabilités.
Que chacun mette le Sénégal au-dessus de lui-même.
C’est à ce prix que nous éviterons le pire et que nous laisserons aux générations futures un Sénégal debout, uni, stable et digne.
Le Sénégal d’abord.
La République avant les partis.
L’intérêt général avant les intérêts particuliers.
Le développement avant la politique politicienne.
Que 2029 attende.
Le Sénégal, lui, ne peut pas attendre.
Serigne Habib NDAW
Patriote octogénaire engagé au service de la Nation
ndaw.habib45@gmail.com
Le Sénégal ne peut pas attendre 2029
13:48
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