Du fameux «deal» du Cap Manuel au congrès-meeting de Diamniadio, Ousmane Sonko rebondit (comme d’habitude) et il fait cap sur 2029, alors qu’environ 2 ans et demi nous séparent de l’élection présidentielle, et notre pays se débat comme un diable dans une crise économique, financière et politique sans précédent. Je ne cesserai de soupçonner que tout ce qui est en train de se dérouler devant nos yeux, émane d’un plan machiavélique de Ousmane Sonko et de ses acolytes. Jour après jour, avec les événements qui s’enchaînent, ma forte intuition me dit que cet homme, obnubilé par le pouvoir, n’a jamais eu l’intention de rester au gouvernement pour accompagner le Président Diomaye jusqu’en 2029, bien qu’il eût clamé partout qu’il était son doublon. En disant devant un parterre d’inconditionnels que notre pays avait un problème d’autorité et qu’il fallait qu’on le laisse gouverner, il semblait déclencher ainsi son plan bien mûri contre la République, incarnée par son Président. Depuis, aucune occasion n’a été ratée pour l’attaquer.
La dernière en date fût à l’occasion de la séance de questions-réponses de l’Assemblée nationale. Ce jour-là, après s’être bien défoulé sur le président de la République, il savait bien qu’il venait de franchir le Rubicon. Son limogeage n’était donc qu’une conséquence d’une suite d’actes et de propos offensants et émanant d’un Premier ministre qui ne respecte aucune institution de la République. C’est ainsi qu’entre ce grave moment de l’Assemblée nationale, où l’autorité du Président venait d’être bafouée pour une énième fois, et le 1er congrès de Pastef, le dernier acte du plan de rebondissement était joué.
Pastef a pris le pouvoir sur la base de la manipulation et de la victimisation. Une ligne adoptée par Ousmane Sonko depuis qu’il est entré dans l’arène politique. Même avec le Président Macky Sall, c’est cette même ligne qui faisait foi. On peut même remonter à l’étape de sa radiation de la Fonction publique, avec la divulgation d’informations administratives qu’il était supposé protéger. Sorti de l’Enam, il n’ignorait pas ce qu’il risquait en le faisant. Mais son but semblait être de piéger l’autorité centrale pour se faire radier et surfer sur cette situation en jouant à la victime.
Même comportement avec l’affaire Adji Sarr, pour lui, il s’agissait d’’un complot de Macky Sall pour l’empêcher d’être candidat à la Présidentielle, comme il l’avait fait, disait-il, avec Karim Wade et Khalifa Sall. Même la dernière saisine du Conseil constitutionnel concernant son «retour» à l’Assemblée nationale est un complot du Président Diomaye et de l’Apr. En utilisant cette stratégie sur fond de mensonges, soulevant des passions et attisant des rancœurs mal placées, il a réussi malheureusement depuis la crise allant de 2021 à 2023, à mobiliser des millions de nos compatriotes pour sa cause. Il lui reste maintenant à dérouler le narratif suivant : «J’ai fait élire Diomaye et j’ai fait de mon mieux pour l’accompagner malgré nos divergences. Mais c’est lui qui a décidé de se séparer de moi, influencé qu’il est par des éléments de l’ancien système.» J’ai même entendu dans l’émission «Point de vue» de la Rts, l’invité dire la même chose. Tout le monde sait que la mésentente n’est pas du fait d’éléments de l’ancien système comme ils le disent partout, mais plutôt une lutte pour le pouvoir entre 2 hommes. Ce n’est ni une différence de vision ni d’orientation. Durant le point de presse qui a suivi son limogeage, il a jugé utile de parler de bilan et de ce qui l’opposait au Président, comme pour dire qu’il n’avait rien à se reprocher. Sur le bilan, il met à son actif : -la baisse des prix malgré les cours mondiaux ; -la signature du Pacte social avec les syndicats alors que le front social est en ébullition après que les syndicats en sont venus à la conclusion que le gouvernement n’a pas respecté ses engagements et que, par conséquent, il rompait ce pacte ; -la renégociation des contrats. Nous l’avons tous entendu dire que 3 dossiers de contentieux étaient sur le bureau du Président, ce qui l’oblige à adopter de la prudence pour les autres dossiers. Il a omis exprès de parler du Plan de redressement, parce que c’est un échec. Ce Pres qui a plombé l’activité économique.
Sur les 700 milliards attendus, seuls 63 milliards ont été obtenus, malgré tout le tapage médiatique autour. Qu’il mette dans son bilan l’arrêt du Btp, qui a mis à genoux ce secteur vital de l’économie, plongeant ainsi des milliers de travailleurs au chômage, plus des milliers de licenciements dans différents secteurs immédiatement après leur installation en 2024. -Une campagne agricole désastreuse qui a fini d’appauvrir les paysans avec l’échec du financement. Je m’abstiens de revenir sur plusieurs mauvaises décisions ayant fini de montrer l’incompétence criarde de notre ex-Premier ministre. La gestion de la dernière crise estudiantine ayant coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Bâ en est une illustration. Et pour réponse, il n’avait rien d’autre à dire sinon qu’il assumait et que si c’était à refaire, il n’hésiterait pas. Les étudiants avaient bien entendu ce message qui leur était par ailleurs adressé, et leur réaction après le limogeage de Sonko en dit long sur leur état d’esprit.
Avec ce sombre tableau, se donner de bonnes notes pour essayer de redorer son image en direction de 2029 ne prospérera pas. L’acte par lequel il a tué notre politique économique et financière fut l’annonce, devant la presse nationale et internationale, de la soi-disant dette cachée. Un véritable coup de massue sur notre économie. Depuis lors, notre pays s’est engouffré dans un tunnel dont personne ne sait quand est-ce qu’il va en sortir. Je termine par son coup de force parlementaire, une des séquences du plan machiavélique mentionné au début de cet article. Après l’avoir prémédité, il utilisa sa majorité mécanique pour l’exécuter, enfreignant ainsi la Constitution et les lois qui régissent l’Assemblée nationale, car l’incompatibilité n’a besoin d’aucune interprétation et plusieurs voix se sont prononcées clairement là-dessus. Nulle part dans notre architecture juridique, se trouve une disposition qui l’autorisait à se proclamer député et se propulser au Perchoir libéré par son valet. Voilà les 2 principaux putschistes en chef devant leur armée de députés béni-oui-oui, disposés à exécuter leur sale coup. Une telle forfaiture ne peut prospérer et nous pensons que le Conseil constitutionnel dira le Droit.
Voilà ton bilan Ousmane, et c’est pourquoi votre rebondissement ne sera pas rentable pour 2029. Les 54% qui avaient voté pour «Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye» devront bien s’éclater. Je ne vois pas comment face à une opposition unie et un Peuple déçu, il vous sera possible d’émerger suffisamment. En écoutant dimanche passé M. Abdel Kader Ndiaye, président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal, lancer son cri du cœur au nom de ses membres, et sans langue de bois, on peut retenir que le secteur privé est aussi dans des difficultés, et les autorités semblent l’ignorer. Notre pays est comme un corps humain où il fait mal partout. Nous ne sortirons de cette situation que par la lutte. Une lutte intelligente parce qu’organisée. Ce qui nous arrive n’est pas une fatalité, et nous pouvons nous en affranchir si nous sommes unis et déterminés.
Idrissa SYLLA
New York
Membre du Comité central du Pit-Sénégal
idrissasylla902@gmail.com
Ousmane Sonko ! C’est ce que tu as omis de dire dans ton bilan de 2 ans, qui rend ton rebondissement non rentable pour 2029
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