Afrique : la Banque mondiale appelle à investir dans le numérique afin de tirer profit de l’intelligence artificielle

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Afrique : la Banque mondiale appelle à investir dans le numérique afin de tirer profit de l’intelligence artificielle

Selon l’institution, la croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,3 % en 2026, mais les insuffisances en matière d’électricité, de connectivité et de compétences freinent l’adoption de l’IA

La Banque mondiale a appelé les pays d’Afrique subsaharienne à accélérer leurs investissements dans les infrastructures numériques et le développement des compétences afin de tirer parti du potentiel de l’intelligence artificielle (IA), alors que la croissance économique de la région devrait atteindre 4,3 % en 2026, contre 4,1 % en 2025.

Dans son rapport d’octobre 2026 consacré aux perspectives économiques de l’Afrique et à sa préparation à l’intelligence artificielle, l’institution souligne que les nouvelles technologies pourraient contribuer à améliorer la productivité, à renforcer les services publics et à créer de nouvelles perspectives économiques sur le continent.

Toutefois, la réalisation de ce potentiel reste conditionnée à la réduction des déficits structurels qui limitent l’accès aux technologies numériques, notamment l’insuffisance de l’approvisionnement en électricité, le coût de la connexion à Internet, le manque de compétences spécialisées et la faiblesse des capacités de traitement des données.

Selon la Banque mondiale, les perspectives de croissance ont été revues à la hausse pour près des trois quarts des pays de la région, notamment l’Angola, l’Éthiopie, le Nigeria et la Zambie, à la faveur des réformes économiques et d’une amélioration de la gestion macroéconomique.

Cette dynamique demeure néanmoins insuffisante pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté et absorber l’arrivée d’une population active en forte croissance sur le marché du travail.

L’institution relève également que les tensions géopolitiques, le renchérissement des produits énergétiques et alimentaires ainsi que les contraintes budgétaires continuent de peser sur les économies africaines.

L’inflation médiane dans la région devrait ainsi passer de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026, tandis que la dette publique, stabilisée autour de 57 % du produit intérieur brut, limite les capacités de financement des investissements prioritaires.

L’intelligence artificielle, un potentiel encore sous-exploité

Dans ce contexte, la Banque mondiale considère l’intelligence artificielle comme un levier susceptible de soutenir la transformation économique de l’Afrique, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation, de la santé et de l’administration publique.

L’institution estime toutefois que les pays africains auraient davantage intérêt, à court terme, à adopter et à adapter des applications d’IA accessibles et peu coûteuses plutôt qu’à concentrer leurs ressources sur le développement de systèmes technologiques de pointe.

Des outils fonctionnant avec une connectivité limitée pourraient notamment faciliter l’accès aux services éducatifs, aider les agriculteurs à détecter certaines maladies du bétail ou permettre aux petites entreprises d’automatiser des tâches administratives et comptables.

La Banque mondiale souligne par ailleurs que l’intelligence artificielle devrait, dans l’immédiat, davantage compléter le travail humain que provoquer une substitution massive des emplois, en particulier dans les économies où l’agriculture et les activités informelles occupent une place importante.

Des obstacles structurels à surmonter

Malgré ces perspectives, le développement de l’intelligence artificielle en Afrique demeure confronté à d’importants obstacles.

L’accès limité à une électricité fiable, les difficultés de connexion à Internet et les coûts élevés des équipements numériques constituent autant de freins à la diffusion de ces technologies auprès des populations et des entreprises.

La Banque mondiale insiste également sur la nécessité de renforcer les compétences numériques, d’améliorer la disponibilité des données et de développer des infrastructures informatiques adaptées aux besoins locaux.

L’adoption de l’IA reste actuellement concentrée dans un nombre limité d’économies, notamment en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria, illustrant les disparités qui persistent entre les pays du continent.

Face à ces défis, l’institution préconise une coopération régionale renforcée, notamment à travers la mutualisation des infrastructures numériques, le développement de cadres réglementaires adaptés et la protection des données.

Elle met notamment en avant le rôle que pourraient jouer la stratégie continentale de l’Union africaine sur l’intelligence artificielle et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) dans l’accompagnement de cette transition.

Pour la Banque mondiale, l’enjeu consiste désormais à transformer la reprise économique et les possibilités offertes par l’intelligence artificielle en gains de productivité, en emplois et en amélioration des conditions de vie, sans accentuer les inégalités numériques existantes.