Un commerçant de Ndoffane, marié à deux épouses, a été déféré au parquet ce mercredi par la section de recherches de Kaolack, après avoir été confondu par une expertise médicale qui a contredit sa prétendue impuissance sexuelle.
Après son divorce, A. Dia, 19 ans, rentre chez ses parents à Ndoffane au courant du mois de juillet 2025. Pour subvenir à ses besoins, elle accepte un emploi de femme de ménage chez N. Cissé, épouse du commerçant A. Ndiaye, âgé de 63 ans et marié à deux femmes. Selon la plaignante, la cohabitation avec le chef de famille bascule rapidement. A. Ndiaye tombe amoureux de la jeune femme et multiplie les avances. Face au rejet répété de ses tentatives de séduction, il recourt aux menaces, précise kawtef.
A. Dia déclare qu’il la menaçait de mort avec un couteau et la contraignait à tenir des propos compromettants sous enregistrement. Par peur, elle finit par céder selon sa version. Le commerçant profite systématiquement de l’absence de son épouse, entre 11 h et 12 h, pour abuser d’elle à trois reprises, sans protection. En février 2026, A. Dia apprend qu’elle est enceinte. Elle en informe le suspect A. Ndiaye.
La tentative d’étouffer l’affaire
Craignant pour sa réputation et celle de sa famille, A. Ndiaye cherche à faire disparaître les traces de sa faute. Il aurait remis 30 000 francs CFA à son épouse N. Cissé, lui demandant d’accompagner la victime A. Dia pour un avortement. N. Cissé mandate à son tour sa nièce, M. Cissé, pour conduire la jeune femme à l’hôpital. À son retour, M. Cissé informe sa tante que la grossesse est bien réelle et qu’A. Dia en impute la paternité au commerçant. N. Cissé aurait remis alors les 30 000 francs directement à A. Dia pour qu’elle procède à l’avortement, avant de la menacer de garder le silence. A. Ndiaye, lui, lui aurait également ordonné de n’en parler à personne.
La victime A. Dia choisit une autre voie. Elle remet l’argent à son père, raconte tout à sa tante et dépose une plainte au parquet du Saloum contre A. Ndiaye pour viols répétés avec menaces, suivis de grossesse. Le 22 avril 2026, le procureur Abass Yaya Wane transmet le dossier à la section de recherches de Kaolack pour enquête et arrestation si les faits sont avérés, selon des informations exclusives de Seneweb.
L’enquête et les auditions
Convoquée par les enquêteurs, A. Dia se présente accompagnée de sa tante. Visiblement affectée, elle peine à contenir ses émotions mais confirme avec clarté les termes de sa plainte et accuse formellement A. Ndiaye. Entendue à son tour, M. Cissé confirme avoir accompagné A. Dia à l’hôpital à deux reprises. Elle précise toutefois que la victime A. Dia tantôt accusait A. Ndiaye de sa grossesse, tantôt évoquait son ex-mari. Elle décrit les relations entre A. Dia et A. Ndiaye comme chaleureuses, similaires à celles d’un grand-père et de sa petite-fille. Elle rapporte qu’à l’annonce de la grossesse, A. Ndiaye était effondré, disant que « sa vie est gâchée », avant de menacer de se suicider si les accusations persistaient.
La dame N. Cissé, quant à elle, confirme avoir employé A. Dia comme ménagère depuis cinq mois. Elle affirme n’avoir eu aucun soupçon sur une éventuelle grossesse et dit avoir simplement remis à A. Dia une somme de 30 000 francs correspondant à son salaire mensuel, avant de la licencier. Elle nie l’avoir menacée. Face aux enquêteurs, A. Ndiaye nie catégoriquement les faits.
Il affirme n’avoir jamais eu de relations avec A. Dia et qualifie les accusations de « gratuites ». Il soutient que c’est M. Cissé qui aurait conseillé à la jeune femme de l’accuser. Puis il avance un argument médical : souffrant d’une maladie depuis un an, il déclare que la maladie lui a fait perdre toute virilité et qu’il n’est plus en mesure de satisfaire ses épouses.
L’expertise médicale le contredit
Les enquêteurs ordonnent une réquisition médicale auprès d’un chirurgien urologue au Centre Hospitalier El Hadji Ibrahima Niass. Lors de son entretien avec le médecin, A. Ndiaye reconnaît certes être malade depuis un an et ne prendre aucun traitement, par choix personnel. Mais il admet spontanément avoir des érections lui permettant d’entretenir des relations sexuelles avec ses épouses.
Devant cet aveu fait sans pression, le médecin n’a pas jugé nécessaire de poursuivre les examens. Son rapport, établi le 28 avril 2026, conclut sans ambiguïté : A. Ndiaye est viril, en dépit de son état non traité. Au terme de l’enquête conduite par la section de recherches de Kaolack, des indices graves et concordants ont été réunis contre A. Ndiaye. Le commerçant a été déféré au parquet ce mercredi pour viols répétés par menaces suivis de grossesse.
Le dossier a été transmis au procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kaolack pour suite à donner.




