Intoxication au mercure : Ce qu’il faut savoir…

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BIEN ÊTRESANTE
Intoxication au mercure : Ce qu’il faut savoir…

En 2025, le Sénégal a amorcé un redressement budgétaire d’ampleur, ramenant son déficit de 13,7% à 6,2% du Produit intérieur brut (PIB). Soutenue par le dynamisme des recettes fiscales et l’essor du secteur extractif, cette amélioration reste néanmoins précaire. La montée des charges d’intérêts, la faiblesse persistante de l’économie hors hydrocarbures et les relations encore incertaines avec le Fonds monétaire international (FMI) soulignent l’urgence de réformes structurelles. Tel est le constat dressé par le rapport « Sénégal : Développements économiques récents et perspectives », publié en mars 2026.

L’exécution budgétaire de l’État en 2025 constitue indéniablement un point d’inflexion. Après deux exercices marqués par une forte dérive des comptes publics, avec un déficit ayant atteint 13,7% du Produit intérieur brut (PIB) en 2024, sur fond de révélation d’une dette jusque-là sous-estimée, les autorités affichent un redressement notable. Selon le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, le déficit a été réduit à 6,2% du PIB, soit un ajustement de plus de sept (7) points en un an. Ce rééquilibrage repose sur une double dynamique : d’un côté, un renforcement de la mobilisation des recettes fiscales, appuyé par des réformes administratives et la rationalisation des exonérations ; de l’autre, une maîtrise accrue des dépenses publiques, notamment à travers la réduction des transferts et des investissements. Si ces résultats témoignent d’une certaine efficacité, ils posent toutefois une interrogation centrale : un assainissement budgétaire fondé sur la contraction des dépenses d’investissement est-il soutenable à long terme ? La question est d’autant plus cruciale que le service de la dette continue de s’alourdir, reflet des stratégies d’endettement passées, tandis que les subventions, en particulier dans le secteur de l’énergie, continuent de contraindre les marges budgétaires. 

UNE DYNAMIQUE MONÉTAIRE FAVORABLE 

Sur le front monétaire, les indicateurs sont mieux orientés. La masse monétaire a enregistré une progression de 13,3% à fin décembre 2025, contre 3,9% un an plus tôt. Cette évolution s’explique principalement par l’augmentation des avoirs extérieurs nets, portée par les premières recettes issues des exportations d’hydrocarbures. Dans le même temps, les crédits à l’économie ont progressé de 8,4% en rythme annuel, traduisant une activité bancaire soutenue, malgré la concurrence accrue exercée par l’État sur le marché régional de la dette. 

LE MARCHÉ RÉGIONAL EN PREMIÈRE LIGNE 

Le financement public s’appuie désormais largement sur le marché régional de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). En 2025, les émissions de titres publics y ont atteint 11 859 milliards de FCFA, en hausse de 45,9% sur un an. Le Sénégal y a contribué à hauteur de 2 225 milliards de FCFA, soit une progression remarquable de 122,8%. La structure des émissions évolue également, avec une prédominance des obligations du Trésor (65,6%) sur les bons du Trésor (34,5%), traduisant un allongement de la maturité de la dette. Par ailleurs, l’intérêt croissant des investisseurs non-résidents, notamment des établissements bancaires ivoiriens, confirme l’attractivité du marché régional. 

DES TENSIONS PERSISTANTES SUR LES MARCHÉS INTERNATIONAUX 

À l’international, les conditions de financement se sont quelque peu améliorées au second semestre 2025, dans un contexte de détente des taux. Néanmoins, certains eurobonds sénégalais, en particulier ceux arrivant à échéance en 2028, continuent de se négocier à des niveaux élevés, traduisant la prudence des investisseurs. Ces tensions s’expliquent en grande partie par l’absence d’un programme formel avec le FMI. L’institution avait suspendu son appui en 2024, après la mise au jour d’une dette non déclarée, depuis réévaluée à 13 milliards de dollars. À ce stade, aucun nouvel accord n’a encore été conclu. 

UNE ÉCONOMIE À DEUX VITESSES 

Au final, l’économie sénégalaise présente un profil contrasté. D’un côté, la croissance globale est soutenue par le secteur extractif, tandis que les équilibres extérieurs s’améliorent et que la consolidation budgétaire progresse. De l’autre, l’économie hors hydrocarbures reste atone, avec une croissance limitée à 1,6%, révélant les insuffisances de la transformation structurelle. Dans ce contexte, les autorités identifient trois priorités majeures : poursuivre l’assainissement des finances publiques, diversifier la base des investisseurs et accélérer les réformes structurelles. La concrétisation de ces objectifs dépendra en grande partie de la capacité du Sénégal à renouer rapidement un dialogue constructif avec le FMI. À défaut, le pays pourrait se retrouver durablement dépendant du marché régional, dont la profondeur, bien que croissante, demeure insuffisante pour couvrir, à elle seule, l’ensemble des besoins de financement futurs.